Les versions longues des deux films de la saga Rebel Moon devraient donc dépasser les 6 heures et être visibles cet été, d’après l’annonce de Zack Snyder chez I Minutemen. Selon le réalisateur, les director’s cut (interdits aux moins de 17 ans sans accompagnement) offriront aux spectateurs une « immersion totale » dans ce monde pensé comme un univers multimédia.
Une director’s cut qui peut tout changer, ou pas
Zack Snyder n’en est pas à son coup d’essai avec les director’s cut, il a déjà marqué les rétines (en bien comme en mal) avec des versions longues de Batman v Superman et de Justice League. Ces nouvelles moutures ont été plutôt bien reçues, elles laissent le temps de poser davantage l’histoire et les personnages au service d’une narration plus fluide. Bien sûr, on peut trouver à redire, mais ces director’s cut ont au moins l’avantage d’affirmer le point de vue du réalisateur, qu’on l’apprécie ou pas.
Rebel Moon, volontiers décrit comme un épopée spatiale, se distingue effectivement par une ambition narrative et son casting, Sofia Boutella en tête. Le film et sa suite directe s’intègrent dans une vision large, englobant un potentiel troisième volet et une série dérivée. L’univers de Rebel Moon pourrait même s’étendre au-delà du cinéma, avec un jeu vidéo en développement.
Mais voilà, c’est peu dire que les réactions au premier volet, Enfant du feu, ont été mitigées. La critique a aussi exprimé de sérieuses réserves sur la capacité des versions longues à véritablement changer en profondeur l’expérience du spectateur. Les personnages, en dehors de celui de l’actrice principale, manquent de profondeur, ils sont relégués au second plan dans une œuvre qui a pourtant l’ambition de bâtir un univers dense et complexe.
La promesse de Snyder d’une version plus riche, plus violente et explicite, pose le débat de la nécessité et de l’efficacité de telles versions dans le paysage cinématographique actuel. Le temps de film en plus permettra-t-il de pallier les lacunes dans le développement des personnages et de l’univers, ou ne fera-t-il qu’accentuer le sentiment d’une œuvre inégale ? Les comparaisons avec Star Wars et d’autres références prestigieuses ont plombé le premier volet et il n’est pas sûr qu’en rajouter va améliorer les choses.
Mais comme on l’a vu avec ses films du DCEU, Zack Snyder a aussi la capacité de transfigurer un matériau de base pas terrible. Rendez-vous cet été pour découvrir l’œuvre dans sa globalité. Quant au deuxième épisode, L’Entailleuse, il sera visible dès le 19 avril sur Netflix (dans sa version courte).