Le roi du car longue distance ne veut plus se contenter de l’asphalte. Flix met désormais le paquet sur le rail avec un plan d’investissement costaud : 2,4 milliards d’euros pour développer FlixTrain, sa branche ferroviaire. Au programme, 65 rames flambant neuves, avec des voitures signées Talgo (Espagne) et des locomotives Siemens (Allemagne). Les premières livraisons concernent 30 rames pour un peu plus d’1 milliard d’euros, et le reste viendra plus tard.
Des trains, des milliards et une route bien dégagée
Ces TGV nouvelle génération sont pensés pour rouler partout en Europe. Ils seront d’abord déployés en Allemagne, mais sont déjà compatibles avec d’autres réseaux : Autriche, Pays-Bas, Danemark ou encore Suède. Chaque rame sera dotée de technologies embarquées, avec des capteurs capables d’envoyer plusieurs gigaoctets de données chaque jour à une plateforme cloud. Objectif : anticiper les pannes et réduire les immobilisations au dépôt. Un bon moyen de garder les trains en mouvement, et les clients à bord.
Côté passagers, Flix promet un confort moderne, de l’accessibilité pour tous, et une offre tarifaire fidèle à son ADN : simple, sans chichis, et abordable. Après s’être imposé dans les bus low-cost, le groupe veut reproduire la même recette sur les rails, dans un marché qui pèse déjà 27 milliards d’euros et croît de 4 à 5 % par an. En Allemagne, la demande en trains rapides pourrait grimper de 45 % d’ici 2030. Bref, il y a de la place pour tenter quelque chose.
Face à cette montée en puissance allemande, la SNCF ne reste pas les bras croisés. Ouigo, sa marque à petits prix, prévoit d’augmenter la cadence : 12 nouvelles rames entre 2025 et 2027, avec plus de 650 places chacune. Ces trains renforceront l’offre vers le sud-ouest, notamment la ligne Paris–Dax–Côte basque, et celle entre Montpellier et Paris (via l’aéroport de Lyon-Saint-Exupéry).
Ouigo veut aussi couvrir plus de territoire, avec 75 gares desservies en 2027 contre 60 aujourd’hui. Et ambitionne de gagner 30 % de parts de marché supplémentaires d’ici la fin de la décennie.
Mais Flix arrive avec de solides arguments : un modèle économique rodé, une image jeune, et une croissance déjà bien lancée. En 2024, FlixTrain a élargi son réseau de 40 % et attiré davantage de voyageurs. Et ce n’est qu’un début, si l’on en croit son patron André Schwämmlein : « On veut élargir notre part de marché, mais aussi faire grandir le marché tout entier ».
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