Depuis ce 3 juillet 2025, l’exposition des enfants de moins de trois ans aux écrans est formellement interdite dans tous les lieux d’accueil de la petite enfance en France. Cette mesure, inscrite dans la charte nationale pour l’accueil du jeune enfant, marque un tournant majeur dans la politique de santé publique et d’éducation, alors que les risques liés à la surexposition des tout-petits aux écrans n’ont jamais été aussi documentés ni aussi préoccupants. On fait le point sur les conséquences directes de cette décision.
Une urgence sanitaire
L’arrêté, publié au Journal officiel le 2 juillet 2025, vise tous les écrans : smartphones, tablettes, ordinateurs, téléviseurs. Désormais, il est officiellement interdit d’exposer un enfant de moins de trois ans devant un écran “compte tenu des risques pour son développement”. Cette interdiction s’applique dans les crèches, microcrèches, haltes-garderies, mais aussi chez les assistantes maternelles et pour toute garde à domicile.
La décision fait suite à une alerte lancée par le gouvernement et les autorités concernées : selon Santé publique France, un enfant de deux ans passe en moyenne 56 minutes par jour devant un écran, et seuls 13,7% des enfants de cet âge n’y sont jamais exposés. Or, l’effet des écrans sur la santé et le développement neurolinguistique inquiète, en particulier chez plus jeunes.
Que dit la science ?
Les études convergent : l’exposition précoce aux écrans perturbe l’acquisition du langage, la concentration, le sommeil et les interactions sociales. Entre 0 et 3 ans, l’enfant construit son langage et sa pensée à travers l’imitation, l’interaction et l’exploration sensorielle. En captant l’attention de manière passive, les écrans privent l’enfant de ces interactions, surtout lorsqu’ils sont laissés seuls devant un programme, sans aucune supervision parentale.
Les dernières recommandations conseillent d’étendre cette interdiction jusqu’à 6 ans, tant l’exposition prématurée aux écrans est accusée d’influer sur la santé et les capacités intellectuelles des enfants. De son côté, la ministre de la Santé, Catherine Vautrin, assume la portée symbolique de l’arrêté. Comme pour l’interdiction des châtiments corporels, il s’agit d’officialiser l’interdiction de la pratique, même si dans les faits, aucun contrôle ne sera effectué.
Vers une prise de conscience collective
L’interdiction des écrans avant trois ans dans les lieux d’accueil n’est qu’une première étape. Elle s’accompagne d’une volonté d’ancrer des repères clairs sur l’exposition aux écrans à chaque âge de la vie, et d’outiller familles, professionnels et collectivités face aux nouvelles technologies. À terme, la ministre espère élargir cette interdiction à la sphère privée, dans un pays où chaque foyer compte en moyenne dix écrans. La France rejoint ainsi les recommandations internationales, notamment celles de l’OMS, qui préconise l’absence totale d’écrans avant deux ans et un usage très limité jusqu’à six ans.
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