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Un gigantesque canyon de plasma est apparu à la surface du Soleil

En plus d’être spectaculaire à regarder, cette balafre de plus de 400 000 kilomètres de long illustre bien l’immense quantité d’énergie qui circule sans cesse au sein de notre étoile.

Au lendemain de la fête nationale du 14 juillet, c’est le Soleil lui-même qui a pris le relais en nous offrant un feu d’artifice très impressionnant. La dernière éruption solaire majeure, documentée par Spaceweather.com, était si puissante qu’elle a éjecté une vaste bulle de plasma… et laissé une énorme balafre à la surface de l’étoile.

L’événement a été capturé en direct par le Solar Dynamics Observatory, un satellite de la NASA conçu pour documenter les caprices de notre étoile. Le 15 juillet, il s’est retrouvé en première loge pour assister à l’émergence d’un gigantesque filament solaire — un ruban de plasma relativement froid et dense suspendu au-dessus de la surface par une ligne de champ magnétique.

Ces structures sont surveillées de près par les spécialistes de la météo solaire. En effet, les filaments ont tendance à émerger lorsque le champ magnétique, qui conditionne une grande partie de la dynamique de l’étoile, est soumis à d’importantes contraintes. Ils témoignent de l’accumulation d’un surplus d’énergie que le système cherche à évacuer à travers une reconfiguration du champ magnétique. En pratique, cela signifie que les lignes de champ ont tendance à se reconnecter de manière violente, ce qui peut conduire à une éruption solaire.

Une éruption dantesque

C’est précisément ce qui s’est produit ce 15 juillet, quand un énorme filament s’est effondré sur lui-même avant d’être violemment expulsé dans la couronne solaire. En ce faisant, il a entraîné avec lui une gigantesque bulle de plasma : on parle d’éjection de masse coronale, ou CME.

Ces projectiles peuvent avoir des conséquences très concrètes et hautement problématiques lorsqu’ils filent vers notre planète, comme nous l’avons déjà constaté à de nombreuses reprises à l’approche du maximum solaire — le pic du cycle d’activité de 11 ans de l’étoile.

Heureusement, cette CME ne s’est pas dirigée vers la Terre. Nous ne courons donc aucun risque de subir une tempête géomagnétique majeure.

Mais cet incident a aussi eu une autre conséquence spectaculaire. En effet, l’effondrement de ce filament était si violent qu’il a laissé une large balafre à la surface du Soleil — une tranchée de plasma d’environ 400 000 kilomètres de long, soit à peu près la distance qui sépare la Terre de la Lune !

Ce « canyon de feu », dont les parois se sont élevées à plus de 20 000 kilomètres de haut selon Spaceweather.com, a sans doute presque entièrement disparu à l’heure où ces lignes sont écrites. Ces structures sont en effet éphémères, et persistent rarement plus de quelques jours.

Mais ce phénomène illustre tout de même l’incroyable quantité d’énergie qui circule continuellement au sein de notre étoile. Il rappelle à quel point le Soleil est un astre complexe et dynamique, dont l’activité peut avoir des répercussions majeures pour l’ensemble de notre voisinage cosmique. Ces phénomènes spectaculaires sont des occasions précieuses de mieux comprendre les mécanismes qui régissent notre étoile — d’où l’intérêt de les observer ainsi, à la fois pour le simple plaisir des yeux, mais aussi pour faire progresser les sciences solaires.

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Source : Spaceweather.com

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