Passer au contenu

Le patron de Spotify investit 600 millions d’euros dans l’armement militaire

Le géant du streaming musical se serait sans doute bien passé de ce coup de comm’.

C’est un coup médiatique qui pourrait mettre à terre Spotify. En injectant 600 millions d’euros dans Helsing, start-up allemande de l’IA militaire, Daniel Ek, figure de proue du streaming musical mondial, franchit un cap qui déstabilise toute l’industrie du streaming musical.

Le roi de l’armement allemand

Helsing, valorisée à 12 milliards d’euros, s’est fait connaître par son logiciel militaire capable de traiter en temps réel d’énormes masses de données issues de capteurs et de systèmes d’armes, pour soutenir la prise de décision sur le champ de bataille. La start-up a pris un tournant radical fin 2024 en dévoilant le drone HX-2, une munition de précision à propulsion électrique, conçue pour les conflits militaires, et capable d’agir en essaim sous contrôle humain unique. Déjà testée en Ukraine pour faire face à l’invasion russe, cette avancée technologique place l’entreprise parmi les pionniers des combats robotiques.

Pour Daniel Ek, il s’agit de “garantir la souveraineté technologique de l’Europe“, dans un contexte géopolitique où l’IA s’affirme désormais comme l’élément clé des stratégies commerciales et militaires. Investisseur historique de Helsing depuis 2021 et désormais président du conseil d’administration, le fondateur de Spotify revendique une continuité logique. Mais cette justification ne convainc pas tout le monde.

Quel rapport entre Spotify et l’armement ?

Si vous ne voyez pas bien le rapport, rassurez-vous, nous non plus. Au cœur de cette “synergie”, on retrouve pourtant un dénominateur commun : l’intelligence artificielle. Du côté de Spotify, l’intégration massive de groupes fictifs, chansons générées par intelligence artificielle, et même de livres audios lus par des voix synthétiques, sans réglementation claire ou reconnaissance des droits des artistes, a fait couler beaucoup d’encre ces derniers mois.

Entre l’arrivée massive de l’IA sur la plateforme, et les prises de position nébuleuses de son PDG, de plus en plus d’artistes prennent la tangente. Cindy Lee, figure canadienne de la scène indie, a retiré l’intégralité de sa discographie de Spotify. Un geste hautement symbolique, précédé par d’autres groupes tels que Deerhoof ou Xiu Xiu. Le cas du groupe australien King Gizzard & the Lizard Wizard marque un tournant : forte de 27 albums studio, la formation annonce retirer ses œuvres de la plateforme, dénonçant explicitement le lien entre Spotify et l’industrie de l’armement.

Une réaction en chaîne à prévoir ?

L’onde de choc ne se limite pas à la sphère artistique. Elle fragilise Spotify auprès d’une frange d’utilisateurs sensibilisés à l’éthique des plateformes. Entre IA créative et IA offensive, utilisée pour les conflits armés, le fil conducteur est peut-être à chercher du côté de la puissance algorithmique et financière.

🟣 Pour ne manquer aucune news sur le Journal du Geek, suivez-nous sur Google et sur notre canal WhatsApp. Et si vous nous adorez, on a une newsletter tous les matins.

Mode