Il s’agit là d’une étape importante dans le développement de la 6G, réalisée par des chercheurs chinois et américains. Une équipe conjointe de l’Université de Pékin, de la City University de Hong Kong et de l’Université de Californie à Santa Barbara ont développé ce tout petit modem – 11 mm sur 1,7 mm.
Un concentré de puissance et des débits fous
La prouesse ne tient pas seulement à la vitesse atteinte, mais aussi à l’efficacité du dispositif. Le composant intègre l’ensemble du spectre allant de 0,5 GHz à 115 GHz, une couverture qui nécessitait jusqu’ici neuf systèmes radio distincts.
Cette intégration inédite repose sur une « fusion » entre photonique et électronique : un modulateur électro-optique convertit les signaux radio en signaux lumineux, puis des oscillateurs optoélectroniques génèrent les fréquences nécessaires. Résultat : la puce peut basculer rapidement d’une fréquence à l’autre et maintenir une communication stable sur toute la gamme.
Les chercheurs mettent en avant la polyvalence de cette technologie. Les fréquences basses, capables de couvrir de vastes zones, pourraient connecter les régions reculées, sous la mer ou même dans l’espace. Les fréquences élevées, elles, sont adaptées aux applications à forte bande passante et faible latence, comme la réalité virtuelle ou les interventions chirurgicales à distance.
« Le système peut générer des signaux de communication à n’importe quelle fréquence entre 0,5 et 115 GHz de manière rapide, précise et silencieuse », explique le professeur Wang Cheng, de la City University of Hong Kong. En cas d’interférences, la puce est même capable de changer instantanément de canal, à la manière d’un automobiliste qui change de file sans bousculer le trafic.
Selon le professeur Shu Haowen, de l’Université de Pékin, l’appareil combine « des capacités de programmation polyvalentes et l’ajustement dynamique des fréquences », ce qui le rend particulièrement adapté aux environnements saturés, comme un stade ou un concert où des milliers d’appareils se connectent simultanément.
La 6G n’est pas attendue avant la prochaine décennie, mais les travaux menés aujourd’hui seront les bases des réseaux de l’avenir. Les chercheurs évoquent déjà la possibilité d’intégrer leur technologie dans des modules « plug and play » de la taille d’une clé USB, à utiliser dans des smartphones, des stations de base, des drones ou encore des objets connectés.
Et cette avancée ne se limite pas à la vitesse. Elle pourrait aussi contribuer à réduire la fracture numérique entre zones rurales et urbaines en proposant une couverture homogène sur l’ensemble du spectre. Enfin, la puce établit ce que l’équipe décrit comme un socle matériel pour des réseaux « AI-natifs », capables de s’adapter en temps réel grâce à des algorithmes intégrés.
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