Lors d’un essai mené sur un camp militaire dans l’Indiana, Leonidas a neutralisé simultanément 49 drones. Cette performance, la plus spectaculaire à ce jour pour l’arme électromagnétique développé par Epirus, a fait le bonheur des responsables de l’armée américaine et des représentants étrangers venus évaluer la technologie.
Une alternative cheap mais efficace aux missiles
Leonidas n’est pas une arme conventionnelle. Contrairement aux systèmes de brouillage classiques ou aux lasers, il utilise des micro-ondes à haute puissance capables de griller l’électronique embarquée des drones. Résultat : une volée entière d’appareils s’écrase sans qu’un seul projectile n’ait été tiré. « Je considère cela comme un moment charnière », s’est réjoui Andy Lowery, le directeur général d’Epirus.
L’avantage principal de cette approche est économique : pas besoin de missiles onéreux pour contrer une attaque de drones. De plus, le système peut agir sur des drones autonomes ou connectés par fibre optique, qui sont des cas difficiles à gérer avec de simples brouilleurs radio.
Epirus prévoit plusieurs déclinaisons de son arme : fixes, montées sur camions ou encore intégrées à des drones. L’entreprise, fondée en 2018, travaille déjà avec l’armée de terre, la marine et le corps des Marines américains. Elle affirme aussi avoir testé sa technologie sur plusieurs théâtres d’opérations.
Les essaims de drones représentent aujourd’hui l’un des cauchemars des stratèges militaires. Leur capacité à saturer les défenses, que ce soit en Ukraine ou ailleurs, oblige les armées à repenser leurs arsenaux. Les chars ou les positions retranchées ne sont plus à l’abri face à ces nuées qui ne coûtent pas cher, mais qui sont destructrices. Aux États-Unis, la multiplication d’incidents liés aux drones près d’aéroports ou de sites sensibles confirme aussi la vulnérabilité des infrastructures civiles.
C’est ce qui a attiré l’attention du Pentagone et de partenaires étrangers. Epirus a récemment levé 250 millions de dollars pour accélérer le développement de Leonidas et promouvoir ce qu’elle appelle le « sixième domaine » de la guerre : l’affrontement contre des machines autonomes en grand nombre. Les cinq autres domaines reconnus jusqu’à présent sont l’air, la mer, la terre, l’espace et le cyber.
L’arme a toutefois ses limites. Sa portée reste inférieure à celle des lasers, mais ses promoteurs estiment que sa consommation énergétique et son efficacité contre des groupes entiers de drones compensent largement cette contrainte. « Cette plateforme sera nécessaire dans les stades, les ports et les aéroports», a affirmé Andy Lowery, qui bien sûr veut vendre sa solution au plus grand nombre de clients.
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