Un codec vidéo est un algorithme qui compresse une vidéo pour l’envoyer plus facilement sur internet, puis la décompresse pour l’afficher sur votre appareil. Sans cette opération, un film en 4K pèserait des centaines de gigaoctets, impossible à streamer sans coupures. Le rôle d’un codec, c’est donc de trouver le juste équilibre entre un poids réduit et la meilleure qualité possible. Plus le codec est performant, moins la bande passante est sollicitée et plus l’expérience est fluide.
Une amélioration visible si tout le monde suit
Aujourd’hui, même avec l’abonnement le plus haut de gamme, les utilisateurs de Netflix ou YouTube ne profitent pas toujours de la meilleure qualité possible. La raison tient à la manière dont les vidéos sont compressées : pour que les flux passent sans interruption, une partie des données visuelles est sacrifiée. Des détails manquent, des zones sombres perdent en précision, et l’expérience reste en deçà de ce que l’on obtient avec un Blu-ray Ultra HD.
Avec l’AV2, la donne pourrait changer. Le codec est annoncé comme « significativement plus performant» que l’AV1, lui-même déjà 30 % plus efficace que des standards comme le HEVC ou le VP9. Cela signifie que Netflix pourra proposer plus rapidement une image de haute qualité, même sur des connexions modestes. L’utilisateur bénéficierait ainsi d’une réduction du temps de cache et d’une montée en qualité plus rapide lors de la lecture adaptative.
Pour YouTube, la promesse est similaire : des vidéos moins gourmandes en bande passante, donc plus accessibles dans les régions où l’internet haut débit reste limité. Les créateurs pourraient également diffuser du contenu en 4K ou 8K avec moins de contraintes techniques et de coûts de diffusion réduits.
Au-delà des films et séries, l’AV2 ouvre aussi la voie à de nouvelles pratiques. Le codec gère mieux le multi-écran, ce qui facilitera la diffusion simultanée de plusieurs flux vidéo — par exemple lors de retransmissions sportives, avec plusieurs angles de caméra affichés en parallèle. Il prend également mieux en charge les contenus en réalité augmentée et virtuelle.
Reste la question de l’adoption. AOMedia rassemble des géants du secteur — Google, Apple, Meta, Amazon, Netflix — et 88 % d’entre eux envisagent déjà d’intégrer l’AV2 d’ici deux ans. Le lancement officiel est prévu d’ici la fin de l’année, ce qui laisse espérer les premiers usages commerciaux dès 2026.
En théorie, l’AV2 devrait permettre aux services de streaming de proposer une image plus riche, avec moins de coupures tout en consommant moins. Mais l’histoire rappelle que l’AV1, lancé en 2018, met encore du temps à s’imposer, notamment chez Apple. La réussite de l’AV2 dépendra donc de la rapidité avec laquelle les acteurs de l’industrie, des fabricants de puces aux éditeurs de logiciels plateformes — l’intègreront dans leurs produits.
🟣 Pour ne manquer aucune news sur le Journal du Geek, suivez-nous sur Google et sur notre canal WhatsApp. Et si vous nous adorez, on a une newsletter tous les matins.