C’est un tsunami qui s’annonce pour Nestlé, et sa marque Perrier. L’association de consommateurs UFC-Que Choisir a demandé, ce mercredi, le retrait temporaire des bouteilles Perrier au tribunal judiciaire de Nanterre. En cause : la marque Nestlé Waters est accusée d’avoir trompé les consommateurs en présentant son produit comme une eau minérale naturelle alors que des traitements interdits auraient été utilisés sur plusieurs sites d’embouteillage dans les années passées. Le problème, c’est que pour être qualifiée comme telle, une eau minérale naturelle doit répondre à un cahier des charges strict. Elle ne doit subir aucune désinfection ou traitement altérant ses caractéristiques originelles.
Or, selon les révélations d’une enquête menée en 2024, Perrier, comme d’autres marques de Nestlé Waters (Vittel, Contrex), aurait eu recours à des techniques telles que la désinfection par ultraviolets ou le charbon actif pour traiter son eau, tout en mentionnant cette dernière comme une eau minérale naturelle. Pour l’UFC-Que Choisir, il s’agit d’une pratique commerciale trompeuse. L’association avait déjà saisi le tribunal judiciaire de Nanterre au printemps. Mais l’examen avait été repoussé. Ce 24 septembre, l’association renouvelle sa demande de suspension provisoire de la vente et d’interdiction de commercialisation de Perrier jusqu’à nouvel ordre.
L’objectif affiché est clair : déclencher un rappel massif et obtenir, au-delà du cas Perrier, une clarification réglementaire sur ce qu’une marque peut ou non revendiquer comme étant “naturel”. De son côté, la filiale française du groupe suisse rétorque que ses usines opèrent sous le contrôle des autorités, et que ses produits sont parfaitement consommables. Toujours selon la marque, les interventions mises en œuvre avaient pour but de répondre aux demandes sanitaires des préfectures et de pallier des contaminations ponctuelles, principalement après de fortes pluies qui favorisent l’infiltration de bactéries dans les nappes phréatiques.
L’entreprise rappelle également avoir suspendu des puits jugés sensibles, et adapté récemment ses systèmes de filtration, en remplaçant les filtres de 0,2 micromètre par des filtres de 0,45 micromètre. Une décision critiquée par l’UFC, qui la juge moins protectrice. Nestlé au contraire, estime que ce changement rend l’assignation de l’association “obsolète”, puisque le dispositif incriminé n’est plus utilisé.
Une décision très attendue
Le tribunal de Nanterre devra trancher entre le respect strict de la réglementation sur les eaux minérales et les arguments de sécurité sanitaire avancés par Nestlé. L’audience pourrait bien devenir un précédent juridique, posant les bases d’une jurisprudence en matière de transparence commerciale. L’issue de la procédure pèsera lourd, non seulement sur l’avenir de Perrier, mais aussi sur la définition même de l’eau minérale naturelle, qui pourrait bientôt être plus strictement encadrée.
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