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Géolocaliser son enfant à l’école : la justice a tranché

Après l’interdiction d’un traceur GPS par l’établissement scolaire de son enfant, un père a porté l’affaire en justice.

Les établissements scolaires peuvent-ils interdire les dispositifs de géolocalisation sur les élèves ? Si tracer son enfant à l’aide d’un tracker GPS reste parfaitement légal dans la théorie, nombre sont les écoles à ne pas apprécier la démarche. C’est ce qui s’est passé il y a quelques mois près de Toulon. Après avoir découvert qu’un enfant portait une balise GPS dans son sac lors d’une classe découverte, une école a formellement interdit l’usage de ce type de dispositifs. C’est l’interprétation de la loi encadrant les téléphones portables qui justifie cette confiscation. De son côté, le père a porté l’affaire en justice.

La décision judiciaire en faveur des droits parentaux

En juillet, la juge a rendu une ordonnance de référé en faveur du père. La décision judiciaire a statué que cette interdiction portait une atteinte grave et illégale à l’intérêt supérieur de l’enfant, qui doit pouvoir être protégé par les moyens que ses parents jugent appropriés. Si la décision finale du tribunal est encore attendue, elle pose un précédent important dans la relation entre établissements scolaires et familles.

Ce cas ouvre aussi une réflexion plus large sur la frontière entre pouvoir réglementaire des écoles et les droits fondamentaux des familles. À la rentrée, et malgré la décision de justice, l’école a maintenu son interdiction des systèmes de localisation. De son côté, l’académie de Nice, tout en reconnaissant l’ordonnance du tribunal, a exprimé des réserves quant à l’usage de ces dispositifs en milieu scolaire, en rappelant que la géolocalisation des élèves pourrait entraîner des risques pour la sécurité et la vie privée. Un précédent qui souligne la nécessité pour le législateur d’intervenir et de trancher, afin de clarifier les règles et de poser un cadre adapté aux nouvelles technologies, équilibrant sécurité, vie privée et autonomie des établissements scolaires.

Sur le plan légal

L’utilisation d’un tracker GPS doit impérativement respecter la législation en vigueur. En France, surveiller une personne à son insu constitue une atteinte à la vie privée selon l’article L226-1 du Code pénal, passible d’un an d’emprisonnement et de 45 000€ d’amende. Si un tracker est placé sur une personne, ce doit être obligatoirement avec son consentement explicite. Une dérogation légale existe toutefois pour les enfants mineurs. Ainsi, un parent a le droit d’utiliser un GPS pour suivre ses enfants mineurs. L’usage du tracking doit cependant être motivé, transparent et adapté à l’âge et à la maturité de l’enfant. En cas de séparation, l’accord des deux parents est obligatoire.

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