Certains constructeurs ont beau avoir les meilleures notes possibles aux crash-tests, il semble quand même que leur propension à être à l’origine de nombreux accident est plus élevée que d’autres. Aujourd’hui, on va évoquer celui étant en tête du classement et vous avez déjà probablement déjà une idée que qui ça peut bien être. Plusieurs études récentes placent Tesla en tête des statistiques d’accidents, devançant largement tous ses concurrents.
L’étude LendingTree de 2024 révèle que les conducteurs de Tesla accumulent 26,67 accidents pour 1000 conducteurs, une hausse significative par rapport aux 23,54 de l’année précédente. Ram et Subaru complètent ce podium peu enviable avec respectivement 23,15 et 22,89 accidents pour 1000 conducteurs.
La situation devient encore plus préoccupante quand on examine les accidents mortels. L’analyse d’iSeeCars, basée sur les données officielles de la NHTSA, place Tesla en première position avec 5,6 accidents fatals par milliard de kilomètres parcourus. Ce taux représente exactement le double de la moyenne nationale américaine de 2,8 accidents mortels par milliard de kilomètres.
Le paradoxe de la sécurité Tesla
Pourtant, Tesla accumule les distinctions pour la sécurité de ses véhicules. Le Model Y 2024 a décroché le prestigieux prix « Top Safety Pick+ » de l’Insurance Institute for Highway Safety. Les crash-tests officiels attribuent régulièrement cinq étoiles aux modèles Tesla. La conception même des véhicules électriques, avec leur structure renforcée par la batterie installée au plancher, offre théoriquement une protection supérieure en cas de collision.
Alors comment expliquer cette contradiction flagrante entre excellence technique et statistiques d’accidents ? Les experts pointent du doigt le comportement des conducteurs plutôt que les défaillances techniques. Les Tesla attirent manifestement un profil de conducteur particulier. Ces véhicules offrent des accélérations fulgurant, la plupart des modèles de la marque d’Elon Musk passent de 0 à 100 km/h en moins de trois secondes. Cette puissance phénoménale, combinée au silence de fonctionnement des moteurs électriques, peut encourager des comportements de conduite plus agressifs. Le marketing de Tesla, avec ses modes « Ludicrous » et « Plaid », cultive d’ailleurs cette image de performance extrême. Autant dire que donner une puissance aussi folle à un public de conducteurs n’ayant auparavant jamais roulé avec une voiture faisant plus de 90 chevaux, cela ne semble pas être une excellente idée.
L’interface entièrement tactile des Tesla peut aussi probablement expliquer ce nombre d’accidents plus important. Contrairement aux voitures traditionnelles qui conservent des boutons physiques pour les fonctions essentielles, Tesla centralise tout sur un écran géant. Cette approche peut augmenter la charge cognitive du conducteur et détourner son attention de la route lors de la navigation dans les menus.
L’autre responsable, le « Full Self Driving »
La technologie de conduite autonome de Tesla est jugée comme étant l’autre responsable des nombreux accidents perpétués par les conducteurs de Tesla. Si l’on en croit les données officielles de Tesla, les véhicules équipés d’Autopilot enregistrent un accident tous les 7,44 millions de kilomètres au premier trimestre 2025, contre un accident tous les 1,51 million de kilomètres sans cette technologie.
Pourtant, les autorités américaines ont documenté des dizaines d’accidents impliquant l’Autopilot, dont plusieurs mortels. Il a même été ordonné un rappel massif en décembre 2023 concernant tous les véhicules équipés de cette technologie. Tesla affirme avoir corrigé les problèmes via une mise à jour logicielle, mais les accidents continuent de se produire.
Contrairement à l’Europe, les américains profitent d’une version plus avancée de l’Autopilot appelé « Full Self-Driving » créant une fausse impression d’autonomie complète. Certains conducteurs développent alors une confiance excessive dans ces systèmes et relâchent complètement leur vigilance alors que les limites technologiques sont encore bien présentes. Contrairement à la communication de Musk sur le sujet, les voitures de Tesla sont très loin d’offrir le niveau le plus élevé de conduite autonome. La technologie du tout caméra sans Lidar dans lequel le PDG s’entête a déjà montré qu’elle était la source de nombreux ennuis.
En réponse à ces études, Tesla en conteste vigoureusement les résultats, avec son vice-président ingénierie Lars Moravy qualifiant certaines études de « clickbait » et remettant en cause les calculs de kilomètres parcourus. Pourtant, plusieurs études indépendantes vers des conclusions similaires. Au-delà des débats techniques, ces statistiques révèlent probablement une réalité plus large sur l’évolution des comportements de conduite à l’ère des véhicules connectés et semi-autonomes. En attendant l’arrivée dans le futur du niveau 5 correspondant à une autonomie de conduite parfaite en toutes conditions, il est nécessaire de redoubler de vigilance au volant de ces voitures électriques pour lesquelles certains conducteurs sont bien trop confiants envers les aides à la conduite limitées et changeantes au fil des mises à jour de Tesla.
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