Lors du Comic Con de New York, Jim Lee, président et éditeur de DC Comics, n’a pas mâché ses mots : « Nous ne soutiendrons pas la création d’histoires ou d’illustrations générées par l’IA. Pas maintenant, jamais, tant qu’Anne DePies [directrice générale, NDR] et moi serons aux commandes. » Devant un public de professionnels et de fans, le célèbre dessinateur a affirmé avec force que la valeur de l’art reposait avant tout sur l’émotion humaine.
« Pas maintenant, jamais »
« Les gens ont une réaction instinctive à ce qui est authentique. On se détourne de ce qui sonne faux. C’est pour cela que la créativité humaine compte », a-t-il expliqué. Et d’ajouter : « L’IA ne rêve pas. Elle ne ressent pas. Elle ne crée pas. Elle agrège. »
Cette position tranchée intervient après plusieurs polémiques autour de l’utilisation de générateurs d’images dans des couvertures alternatives de comics. Face au tollé provoqué par la découverte de ces visuels suspects, DC avait dû les remplacer, une décision qui a manifestement poussé l’éditeur à clarifier sa ligne.
Jim Lee, figure emblématique de l’industrie et artiste phare depuis les années 1990, a profité de sa conférence pour défendre une idée simple : l’art naît du vécu et de l’imagination des créateurs, pas des algorithmes. Alors que les outils d’IA s’imposent à une vitesse fulgurante dans les médias, le cinéma ou l’édition, DC Comics fait donc le choix inverse, celui de la fidélité à ses auteurs et à ses lecteurs.
« N’importe qui peut dessiner une cape ou inventer un héros. Cela existe depuis toujours, on appelle ça de la fanfiction, et il n’y a rien de mal à cela », a-t-il concédé. « Mais Superman n’a de sens que dans l’univers DC, notre univers, notre mythologie. C’est cela qui perdure. »
Son discours tranche avec une tendance lourde du secteur, où de nombreux studios explorent déjà l’IA pour automatiser une partie de la création graphique ou narrative. Jim Lee estime qu’une telle approche trahit la relation intime entre l’artiste et son public. « Ce que les lecteurs veulent, c’est ressentir quelque chose de vrai. Ils veulent savoir qu’il y a une personne derrière ce qu’ils lisent », a-t-il martelé.
Pour DC Comics, cette prise de position est tout autant un acte symbolique qu’un engagement éthique. En s’opposant à l’usage de l’IA dans la création de ses bandes dessinées, la maison fondée en 1934 se place à contre-courant d’une industrie fascinée par les promesses de la technologie… et qui pourrait s’y brûler les ailes.
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