Le ruban du magasin Shein au BHV à Paris vient à peine d’être coupé. Ce mercredi 5 novembre, la foule était réunie dans le Marais pour assister à l’ouverture du premier magasin pérenne de la marque en France. Une destination qui devait permettre à l’entreprise d’ultra fast-fashion de s’inviter plus largement dans les habitudes de consommation des Français. L’opération, annoncée en octobre dernier, avait été vivement critiquée par les acteurs du prêt-à-porter. Il faut dire que la réputation de Shein n’est pas très bonne, entre accusations d’utilisation de substances toxiques, esclavage moderne, concurrence déloyale et impact écologique désastreux.
Cette semaine, Shein était encore au cœur d’une nouvelle affaire médiatique concernant la mise à disposition de poupées sexuelles représentant des enfants. La DGCCRF avait lancé l’alerte auprès du parquet de Paris. Dans un communiqué, la répression des fraudes évoquait des poupées de 80 centimètres à l’effigie de petites filles et à destination “des hommes solitaires”. Selon l’organisme, “la description et la catégorisation sur le site permettent difficilement de douter du caractère pédopornographique des contenus”. Plusieurs associations, comme La Voix de l’enfant, envisageaient alors une action en justice.
Aujourd’hui, un député de la Loire, Antoine Vermorel-Marques annonçait avoir effectué un autre signalement auprès de la procureure de Paris après la mise en vente d’armes de catégorie A sur le site. “Le fait de vendre ces armes est puni de 5 ans d’emprisonnement et de 75 000 euros d’amende” précisait-il sur X. De son côté, le porte-parole de Shein France, Quentin Ruffat, expliquait : “collaborer à 100% avec la justice”. Il était même question pour l’entreprise chinoise de fournir le nom des acheteurs si la justice les réclamaient. “Nous serons en totale transparence avec la justice, s’ils nous demandent une telle chose, nous le ferons”.
Des déclarations qui n’ont visiblement pas suffi à rassurer. Le gouvernement a annoncé avoir enclenché une procédure de suspension temporaire du site. Sebastien Lecornu a indiqué avoir pris cette mesure en France, “le temps” que l’entreprise se conforme aux lois dans le pays. On peut lire dans le communiqué relayé par Libération : “Sur instruction du Premier ministre., le gouvernement engage la procédure de suspension de Shein, le temps nécessaire pour que la plateforme démontre aux pouvoirs publics que l’ensemble de ses contenus sont enfin en conformité avec nos lois et nos règlements. Un premier point d’étape devra être fait par les ministres dans les 48 prochaines heures”. Pour l’heure, le site est encore accessible.
Shein répond
Quelques minutes après l’annonce de cette suspension, Shein a envoyé un communiqué pour annoncer de nouvelles mesures concernant les vendeurs tiers. Concrètement, tous les vendeurs extérieurs à l’entreprise ne peuvent désormais plus proposer leurs produits dans l’Hexagone. C’est ce que l’on appelle la “market place”, un endroit où tout un chacun peut commercialiser des biens et services via le site de Shein. Le manque de vérification de Shein concernant ces vendeurs tiers a été pointé du doigt à la découverte des poupées sexuelles et de certaines armes.
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