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Tesla veut faire d’Elon Musk le maître du monde avec ce salaire complètement indécent

Les actionnaires de Tesla viennent d’approuver le plus gros chèque de l’histoire de l’humanité pour leur PDG.

Jeudi dernier à Austin, Texas, les actionnaires de Tesla ont dit oui. Un grand oui sonore à 75 % pour offrir à Elon Musk un plan de rémunération qui défie l’entendement. On parle de 1000 milliards de dollars, soit plus que le PIB de la plupart des pays de la planète. Pour mettre les choses en perspective, c’est environ 33 fois plus gros que son précédent package de 2018, qui était déjà le plus massif jamais accordé à un dirigeant. Et devinez quoi ? Ce précédent record, c’était aussi celui de Musk.

Le milliardaire, déjà l’homme le plus riche du monde avec une fortune estimée à 500 milliards de dollars, pourrait donc franchir une barrière symbolique que personne n’a jamais atteinte. Mais attention, pour empocher la totalité de cette somme astronomique, Musk doit transformer Tesla en mastodonte absolu. L’entreprise vaut actuellement 1 100 milliards de dollars. Il faudrait la faire grimper à 8 500 milliards pour décrocher le jackpot complet. Il faudrait donc ici que Tesla dépasse la valeur combinée de Meta, Microsoft et Google réunis.

Le plan se découpe en douze tranches progressives, chacune liée à des objectifs de plus en plus délirants. Tesla devrait livrer 20 millions de véhicules, mettre un million de robotaxis en circulation, vendre un million de robots humanoïdes Optimus, et atteindre 10 millions d’abonnements à son système de conduite autonome FSD. Côté finances, les bénéfices ajustés annuels devraient passer de 50 à 400 milliards de dollars. Pour situer l’ampleur du défi, Tesla a enregistré 4,2 milliards de dollars de bénéfices ajustés au troisième trimestre 2025. Le chemin sera long.

Quand la loyauté coûte mille milliards

Mais pourquoi accorder un tel pactole à Musk ? La réponse officielle du conseil d’administration tient en quelques mots, à garder Elon à bord. Robyn Denholm, la présidente du conseil, a martelé que sans son PDG visionnaire, Tesla perdrait une valeur considérable. L’entreprise ne serait plus ce qu’elle ambitionne de devenir. Musk lui-même avait lâché quelques menaces à peine voilées ces derniers mois, expliquant qu’il ne se sentait pas à l’aise pour construire une armée de robots sans contrôler au moins 20 % des droits de vote de Tesla.

Le message était clair est plutôt clair, payez-moi ou je me casse avec une bonne partie de la valorisation de Tesla. Manifestement, ça a bien fonctionné pour l’homme le plus riche de la Terre. Lors de l’annonce des résultats du vote, Musk est monté sur scène sous les hourras, flanqué de robots Optimus dansants, pour remercier ses supporters. Il a même déclaré que Tesla n’entamait pas simplement un nouveau chapitre, mais carrément un nouveau livre. La métaphore était peut-être un peu appuyée, mais l’enthousiasme était palpable.

Ce qui intrigue dans cette affaire, c’est que Musk affirme que l’argent n’est pas sa principale motivation. Ce qu’il veut vraiment, c’est le pouvoir de vote. Avec ce package, il passerait de 13 % à près de 29 % de parts dans Tesla, lui donnant un contrôle quasi absolu sur les décisions stratégiques. Il a de quoi développer ses projets d’intelligence artificielle et de robotique sans risquer de se faire éjecter par un conseil d’administration frileux.

Une pilule difficile à avaler pour certains

Tout le monde n’a pas gobé l’argument. Les deux principaux cabinets de conseil en vote, Glass Lewis et ISS, ont recommandé de voter contre ce package qualifié d’astronomique. Le fonds souverain norvégien, géant de 1 900 milliards de dollars et actionnaire à hauteur de 1,2 % de Tesla, a également voté contre. La dilution des actions, l’absence de garde-fous contre le risque de dépendance excessive à un seul homme, tout ça pose problème.

Des manifestants anti-Musk se sont même rassemblés mercredi devant le Parlement du Texas à Austin pour dénoncer ce qu’ils considèrent comme une indécence absolue. Certains actionnaires ont dénoncé un système qui permettrait à Musk de rafler des dizaines de milliards même en n’atteignant qu’une poignée des objectifs les plus faciles. Le plan prévoit d’ailleurs des clauses permettant de débloquer des actions même si certains jalons opérationnels ne sont pas atteints, notamment en cas de catastrophes naturelles, pandémies, guerres ou changements réglementaires majeurs.

L’ironie de l’histoire, c’est que ce nouveau package vient remplacer un précédent accord de 56 milliards de dollars datant de 2018, annulé par une juge du Delaware. Kathaleen McCormick avait estimé que les négociations avaient été menées de façon inappropriée, le conseil d’administration manquant clairement d’indépendance vis-à-vis de Musk. L’affaire est actuellement en appel devant la Cour suprême du Delaware, mais Tesla a déjà versé 29 milliards de dollars à Musk en compensation.

Les actionnaires ont également voté sur une proposition permettant à Tesla d’investir dans xAI, la startup d’intelligence artificielle de Musk qui a absorbé le réseau social X. Le résultat était plus mitigé, avec un nombre important d’abstentions. Le conseil d’administration a promis d’examiner la question avant de prendre une décision finale. Manifestement, même les fans inconditionnels de Musk ont leurs limites quand il s’agit de mélanger encore plus les intérêts des différentes entreprises du milliardaire.

Si Musk parvient à décrocher ne serait-ce qu’une partie substantielle de ce package, il deviendra mécaniquement l’homme ayant gagné le plus d’argent dans l’histoire de l’humanité. Un statut qui soulève des questions sur les inégalités de richesse et le pouvoir démesuré accordé à une seule personne. Reste à savoir si Tesla parviendra à tenir ses promesses folles que sont changer la face de l’industrie automobile, déployer des millions de robots et révolutionner les transports urbains avec des robotaxis. Le pari est gigantesque, le chèque à la clé l’est tout autant.

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Source : ici

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