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Les appareils Apple mettent le bazar dans les réseaux Wi-Fi

Un ingénieur en réseaux a découvert que la technologie sans fil d’Apple, censée simplifier la vie des utilisateurs, crée au passage un drôle de chaos dans les connexions Wi-Fi. Résultat : des saccades, des microcoupures et un réseau qui a parfois du mal à suivre le rythme.

Tout est parti d’un simple test. Christoff Visser, chercheur au IIJ Research Lab au Japon, écoutait tranquillement de la musique en streaming sur son iPad lorsqu’il a remarqué d’étranges hoquets dans sa connexion. Des à-coups réguliers, comme un métronome capricieux. Intrigué, il a sorti ses outils de mesure et constaté des latences allant de 3 à 90 millisecondes. Pas vraiment le comportement qu’on attend d’un réseau local bien réglé.

Apple transforme le Wi-Fi en piste de danse

En creusant, il a fini par identifier le coupable : l’Apple Wireless Direct Link (AWDL), la technologie maison qui permet aux appareils Apple de se parler entre eux pour AirDrop, Sidecar ou le partage d’écran. Problème : cette magie du sans-fil ne dort jamais. AWDL reste constamment à l’écoute sur certains canaux Wi-Fi dits « sociaux », comme le canal 6 pour le 2,4 GHz ou les 44 et 149 pour le 5 GHz.

Et si votre réseau ne se trouve pas sur l’un de ces canaux ? Pas grave, votre iPhone ou votre Mac ira s’y promener toutes les quelques secondes pour vérifier s’il y a quelqu’un à qui parler… avant de revenir. Cela provoque un Wi-Fi qui saute, hésite, et donne l’impression de bégayer.

À la conférence RIPE 91, Christoff Visser a raconté ses découvertes avec un brin d’humour : « Si vous voulez éviter le problème, désactivez AWDL… mais oubliez AirDrop, Sidecar et tout ce qui rend les appareils Apple pratiques. » Pas très réaliste, avoue-t-il lui-même : « Il y a plus d’un milliard et demi d’iPhone dans le monde. Vous n’allez pas dire à tout le monde d’arrêter d’utiliser AirDrop. »

La solution, selon lui, serait de jouer le jeu d’Apple et de caler son réseau sur les mêmes canaux que les appareils à la pomme. Une idée qu’il a un peu de mal à avaler : « Cela encourage de mauvaises pratiques réseau, et empêche d’utiliser les canaux les plus performants. »

Pour l’instant, ce « hoquet » du Wi-Fi passe largement inaperçu. Mais le chercheur prévient : les usages évoluent vite. Entre le cloud gaming, la vidéo 4K HDR à 120 images par seconde et les services de streaming toujours plus exigeants, ces microcoupures risquent de se faire sentir de plus en plus. « C’est pratique, oui », conclut-il, « mais ce confort a un prix. » En clair : si votre réseau se met à tousser sans raison apparente, ne cherchez pas trop loin…

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Source : The Register

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