Dès sa découverte, la comète 3I/ATLAS a réuni tout ce qui permet à des interprétations fantaisistes de fleurir : un objet qui n’appartient à aucune étoile, une vitesse hallucinante, un halo coloré irrégulier et un signal radio détecté depuis le sol. Des données qui, prises ensemble et mal comprises, peuvent nous mener à croire qu’un vaisseau extraterrestre traverse notre voisinage cosmique. Bien entendu, il n’en est rien, et les instruments montrent sans ambiguïté qu’il s’agit d’un noyau glacé en cours de sublimation, pas d’un engin piloté par quelque civilisation lointaine.
31/ATLAS : une comète vagabonde qui ne ressemble à aucune autre
Lorsque le télescope ATLAS (Chili) la repère le 1ᵉʳ juillet 2025, 31/ATLAS file à plus de 220 000 km/h en plein milieu de notre Système solaire ; les astronomes comprennent alors qu’il s’agit d’une comète un peu particulière. Sa trajectoire est hyperbolique, ce qui signifie qu’elle n’est pas liée gravitationnellement au Soleil.
Avec sa teinte bleu-vert, sa coma (le nuage de gaz autour de son noyau) gonflée par l’approche de notre étoile et son allure très atypique ont nourri beaucoup de spéculations. Pour une partie du public, ces caractéristiques sortaient tellement des codes habituels qu’elle semblait être un objet artificiel, ou du moins « anormal ».
Néanmoins, c’est le profil type d’une comète dite interstellaire, un corps qui s’est formé autour d’une autre étoile que la nôtre, dans des conditions physico-chimiques radicalement différentes de notre propre système.
De plus, elle proviendrait d’une région particulière de la Voie lactée, peu étudiée, baptisée « disque épais », ce qui a suffi à accentuer son côté mystérieux. Une zone galactique, elle aussi, un peu particulière, qui, ajoutée à ses autres propriétés, explique pourquoi 3I/ATLAS paraissait si étrange.
Un signal radio impossible à falsifier
Pour comprendre vraiment la nature de 3I/ATLAS, le plus simple reste d’observer ce qu’elle dégage dans l’espace. Comme toutes les autres comètes, elle possède un noyau glacé qui se sublime à l’approche du Soleil. En étudiant les gaz libérés lors de la sublimation, les astronomes ont retrouvé un cocktail assez unique : de grandes quantités de CO₂, un peu de monoxyde de carbone (CO) et de l’eau, détectée indirectement par l’hydroxyle (OH), son sous-produit.
C’est justement la détection d’hydroxyle qui a mis fin à toutes les spéculations. Sous l’effet du rayonnement solaire, les molécules d’eau se cassent et libèrent de l’OH, une « empreinte chimique » que les télescopes savent directement reconnaître. C’est le radiotélescope MeerKAT, situé en Afrique du Sud, qui a détecté les traces d’OH, qu’aucun matériau manufacturé ou technologie ne peut émettre. 3I/ATLAS n’est qu’un objet céleste entièrement naturel comme il en existe des millions, un caillou glacé venu des confins de notre cosmos. Même si cela peut être décevant pour les fervents amateurs de récits extraterrestres, rappelons tout de même que ces objets transportent avec eux des milliards d’années d’histoire galactique. Au fond, n’est-ce pas tout aussi fascinant et vertigineux qu’une hypothétique technologie alien ?
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