Versée chaque année au mois de décembre, la prime de Noël sonne pour beaucoup comme une bouffée d’air bienvenue en pleine effervescence des fêtes de fin d’année. Oui, mais voilà : à l’heure des économies nationales, cette aide destinée aux travailleurs et aux travailleuses les plus modestes pourrait réduire de moitié le nombre de ses bénéficiaires.
Qui peut toucher la prime exceptionnelle fin d’année ?
Aujourd’hui, cette prime concerne principalement les bénéficiaires du Revenu de Solidarité Active (RSA), de l’Allocation de Solidarité Spécifique (ASS) et de l’Allocation Équivalent Retraite (AER). En 2025, son montant s’élève à 152,45€ pour une personne seule sans enfant et à 228,68€ pour un couple sans enfant. Le versement est automatique, sans démarche particulière à effectuer., et les paliers grimpent ensuite à mesure que la famille s’agrandit. Cette aide, qui touche environ 2,5 millions de ménages actuellement, est financée par la Sécurité sociale. Dans le cadre du projet de loi de finances 2026, le gouvernement pourrait décider de ne lui allouer que 261,5 millions d’euros en 2026, soit une baisse de près de 45% par rapport à 2025 (466,5 millions d’euros). Une décision forte, justifiée par l’état des comptes de la Sécurité sociale, dont le déficit devrait atteindre 23 milliards d’euros cette année, estime le ministre du Travail et des Solidarités, Jean-Pierre Farandou.
Plutôt que de réduire trop drastiquement le montant de la prime de Noël, le gouvernement veut plutôt resserrer le nombre de bénéficiaires qui pourront y prétendre. Interpellé cette semaine par un député LFI, le ministre a indiqué vouloir réserver l’aide aux foyers avec enfants. De quoi susciter de vives réactions au sein de l’hémicycle. Certains dénoncent notamment une politique nataliste, excluante pour les foyers sans enfants à charge et les personnes précaires vivant seules.
Il faut faire des économies
Le gouvernement insiste sur la nécessité de faire des choix budgétaires, arguant que la solidarité nationale doit être réorientée vers les publics les plus fragiles. Pourtant, le montant de la prime de Noël n’a pas été revalorisé depuis 1998, alors que l’inflation a augmenté de plus de 35% sur la même période, rappellent les associations de lutte contre la précarité. S’il se dit prêt à recevoir d’autres idées pour redresser les comptes de la Sécurité sociale, le ministre semble confiant quant à cette décision : la prime de Noël pourrait donc devenir exclusivement réservée aux familles avec enfants, ce qui modifierait profondément le paysage des aides sociales en France. Examinée dans le cadre du projet de loi de finances de la Sécurité sociale 2026, il faudra encore attendre quelques mois avant de savoir si la réforme est adoptée.
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