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Call of Duty : l’utilisation de l’IA précipite la chute de Black Ops 7

Les joueurs sont remontés contre Call of Duty Black Ops 7 et Steam commence à s’en mêler.

Le lancement de Call of Duty Black Ops 7 aurait dû être une fête pour Activision. Le rendez-vous annuel est capable de mobiliser des millions de joueurs et d’alimenter le débat vidéoludique pendant des semaines, mais subit cette année une vague de commentaires négatifs. L’opus restera comme l’un des pires démarrages de la franchise, sanctionné par une note utilisateur de 1,7/10 sur Metacritic, un score historiquement bas pour une série habituée aux records.

Ce rejet massif de la part des joueurs d’antan s’explique en partie par une lassitude grandissante en ce qui concerne le sujet de l’utilisation de l’intelligence artificielle dans la création des contenus du jeu. Dès les premières heures qui ont suivi sa sortie, les réseaux sociaux et les plateformes communautaires ont relayé les mêmes interrogations. Des joueurs ont identifié des Calling Cards dont le style rappelait fortement certaines images générées par défaut par des IA, parfois même inspirées de variantes pseudo-Ghibli qui circulent depuis des mois sur internet.

Lorsque la polémique a gonflé, Activision a confirmé que des outils génératifs avaient bien été utilisés pour une partie des assets visuels du jeu. Une révélation qui, loin de calmer les débats, a renforcé l’idée que le studio avait cherché à gagner du temps et à réduire les coûts au détriment du travail d’artistes humains et de l’identité graphique d’un blockbuster facturé plus de 80 euros.

Black Ops 7 s’incline face aux shooters de l’année

Ce recours à l’IA tombe d’autant plus mal que la concurrence elle affiche au même moment un regain d’énergie. Battlefield 6 a séduit les fans de la première heure malgré un mode battle royale moyen, tandis qu’Arc Raiders s’impose comme l’une des surprises du moment en misant sur une IA qui apprend réellement des comportements du joueur pour adapter son niveau de menace.

Dans un contexte où les FPS tentent de retrouver un souffle, l’impression que Call of Duty privilégie les raccourcis technologiques aux véritables innovations de gameplay est particulièrement mal reçue. Là où certains concurrents utilisent l’intelligence artificielle pour enrichir l’expérience, Black Ops 7 donne le sentiment de s’en servir uniquement pour des tâches utilitaires.

À ce malaise s’ajoute une série de décisions de design déjà contestées avant même l’explosion de la polémique. La campagne solo, par exemple, n’autorise ni pause ni sauvegarde manuelle, même lorsque l’on joue intégralement avec des bots. C’est une situation incompréhensible pour de nombreux joueurs qui y voient une manière déguisée d’imposer la connectivité permanente. Tout cela nourrit l’idée que l’éditeur ne tient plus compte des retours de sa communauté, pourtant revenue en masse l’an dernier.

Les critiques qui s’accumulent ne portent donc pas seulement sur la qualité du contenu, mais sur ce que les décisions d’Activision semblent dire de la direction prise par la franchise. La réaction violente observée en ce début de semaine montre à quel point la confiance peut vite s’éroder entre une marque et ses joueurs.

Des remboursements à gogo

L’affaire a pris une nouvelle tournure après qu’un joueur a affirmé avoir obtenu un remboursement intégral de Call of Duty : Black Ops 7 sur Steam, pour le motif de l’usage généralisé de contenus générés par IA dans le jeu. Selon son témoignage il aurait terminé la campagne avant de demander le remboursement, expliquant que la présence massive d’assets générés automatiquement n’avait jamais été mise en avant dans la communication officielle et constituait pour lui une forme de tromperie. Bien que Black Ops 7 indique effectivement sur sa page Steam que des outils génératifs ont été utilisés, ce cas isolé a immédiatement alimenté le débat sur la transparence des studios et le droit du consommateur à être correctement informé.

Cette décision de Steam interroge, d’autant qu’elle dépasse potentiellement les conditions habituelles de remboursement, normalement limitées à deux heures de jeu. Si l’on ignore si la plateforme a accordé cette exception en raison d’un délai respecté par le joueur ou d’une appréciation particulière liée à la controverse, l’information fait déjà boule de neige.

Certains y voient le signal que l’usage de l’IA dans les jeux commerciaux pourrait devenir un véritable enjeu légal et éthique, obligeant les éditeurs à clarifier leurs pratiques, surtout dans un contexte où la concurrence redouble d’efforts pour rassurer les joueurs sur la qualité et l’authenticité de leurs contenus. Ce précédent pourrait encourager d’autres consommateurs à tenter la même démarche, accentuant encore la pression sur Activision et Treyarch.

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