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L’IPTV vient encore de prendre un tacle à la carotide

Trois arrestations, 2,25 millions de dollars saisis, et 118 sites bloqués.

Les fournisseurs d’IPTV pirate devaient se sentir pousser des ailes ces derniers temps. Hé bien, mardi, la réalité leur est tombée dessus comme une enclume. Au Brésil, la force d’intervention spéciale contre le crime organisé (Gaeco) a frappé fort avec l’opération « Endpoint ». Le bilan est de 19 perquisitions, trois personnes arrêtées, et trois marques ultra-populaires du streaming illégal qui s’évaporent comme par magie.

DezPila, Tyflex et Onlyflix étaient devenus de véritables institutions. Les clients pensaient avoir trouvé le bon plan : des milliers de chaînes, films et séries pour une poignée d’euros via Pix, le système de paiement instantané local. Sauf que derrière la façade bien lisse, les autorités dénoncent un vrai réseau criminel organisé.

Saisie exceptionnelle pour les autorités

Le jackpot pour les autorités ? 12 millions de reais (environ 2,25 millions de dollars) saisis, plus des cryptomonnaies confisquées dont on ignore le montant exact. Pour débusquer tout ça, les enquêteurs ont obtenu l’autorisation d’accéder aux données bancaires, fiscales et numériques normalement protégées. 118 sites et profils de réseaux sociaux ont également été bloqués, avec déréférencement dans les moteurs de recherche en prime.

L’Europe aussi tape du poing sur la table

Le Brésil n’est pas le seul à s’acharner sur l’IPTV pirate. En novembre 2024, une opération impliquant dix pays européens a démantelé ce qui serait le plus grand réseau de piratage au monde, avec 22 millions d’utilisateurs et des revenus estimés à 250 millions d’euros par mois. Les raids ont touché le Royaume-Uni, la Bulgarie, la Croatie, la France, l’Allemagne, l’Italie, les Pays-Bas, la Suède, la Suisse et la Roumanie.

En octobre 2025, l’Italie a mis la main sur un réseau de 900 000 abonnés qui redistribuait illégalement les contenus de Sky, DAZN, Mediaset, Netflix et Amazon Prime. Huit arrestations, et des revenus estimés à plusieurs millions d’euros mensuels. Le pays enchaîne les opérations coups de poing depuis des années, mais le marché se reconstitue systématiquement.

En juin 2024, pendant l’Euro de football, la police italienne a même provoqué un écran noir chez 1,3 million d’utilisateurs d’IPTV pirate en plein match.

Le jeu du chat et de la souris continue

C’est toujours le même cirque. Les autorités démantèlent un réseau, saisissent des millions, arrêtent quelques personnes et hop, d’autres prennent la relève.

En France, l’Arcom et Google viennent de bloquer plus de 600 plateformes pirates identifiées, rendant plus difficile l’accès aux flux IPTV illégaux via les moteurs de recherche. Les ayants droit espèrent ainsi protéger leurs contrats de diffusion sur la Ligue 1, la Premier League ou Roland-Garros. Mais franchement, qui croit encore que ça va suffire ?

Le problème de fond reste le même, si on calcule, 900 000 abonnés payant 10 euros par mois génèrent 9 millions d’euros de chiffre d’affaires mensuel. Avec de telles sommes en jeu, difficile d’imaginer que les pirates vont jeter l’éponge après quelques arrestations. Les opérations se multiplient, les communiqués de victoire s’accumulent, mais le streaming pirate continue de prospérer tranquillement.

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