Le lancement du Chapitre 7 de Fortnite aurait dû être une fête, mais l’évènement s’est rapidement retrouvé parasité par une polémique inattendue. Sur les réseaux est née une suspicion croissante que certaines images, affiches et sprays du jeu auraient été produites par intelligence artificielle. Le mouvement “Dites non à l’IA bâclée” (Say No to AI Slop) a pris de l’ampleur sur Reddit, transformant de simples détails graphiques en une véritable crise de confiance.
Dans ce contexte, un artiste de Fortnite a décidé de prendre la parole pour rétablir la vérité sur une œuvre particulièrement scrutée. Et il apporte avec lui des preuves. Sean Dove, artiste travaillant pour Epic Games, s’est retrouvé au cœur de la polémique après la diffusion du spray Marty McFly du Battle Pass. Certains joueurs y voient une esthétique “trop IA”, alimentant la méfiance envers la plateforme. Pour couper court aux accusations, l’artiste a publié sur ses réseaux des captures de son travail et expliqué clairement son processus.
The artist (Sean Dove) behind the McFly Fortnite Spray shares proof that it wasn't AI-made
"I grabbed some clocks off image search, collaged them, and halftoned them. The numbers are bad, entirely possible I grabbed an AI clock an wasn’t paying attention." pic.twitter.com/IysTZ7a6F0
— HYPEX (@HYPEX) December 2, 2025
Il raconte avoir assemblé des images de pendules trouvées sur le web, les avoir assemblées en collage, puis créé le fond iconique du spray. Il admet en toute transparence que certains détails, notamment les chiffres, peuvent sembler étranges, au point qu’il n’exclut pas qu’une des images utilisées ait été à l’origine générée par IA. Mais l’œuvre finale est bel et bien le résultat d’un travail humain, réalisé par ses soins.
Une précision importante à l’heure où beaucoup voient des automatismes algorithmiques partout. Son intervention ne clôt évidemment pas l’ensemble du débat autour de la saison, mais elle apporte une première réponse tangible à l’une des accusations les plus relayées.
Une crise qui dépasse largement un simple spray
Si cette clarification fait autant de bruit, c’est parce que la polémique dépasse très largement le cas du Marty McFly Spray. Depuis plusieurs jours, le mouvement accuse certains éléments visuels du Chapitre 7 de manquer de cohérence ou de présenter des erreurs anatomiques typiques de l’IA. Le fameux Yéti à neuf orteils est devenu l’exemple le plus partagé, presque un symbole des dérives que redoutait une partie du public.
Si la sortie du nouveau chapitre de Fortnite fait plaisir aux joueurs, tout n'est pas parfait.
Certains ont effectivement remarqué l'utilisation de l'IA, pour des images en jeu comme ce Yeti a 9 orteils, mais aussi des récompenses du Passe 😬 pic.twitter.com/E9Q8OsToGS
— GAMEWAVE (@GAMEWAVE) December 1, 2025
Cette suspicion est nourrie par un contexte plus tendu que jamais. Quelques jours avant le lancement du chapitre, Tim Sweeney, patron d’Epic Games, avait affirmé qu’un label “réalisé avec IA” n’avait “aucun sens dans le jeu vidéo“, estimant que l’IA ferait bientôt partie de tous les processus de production. Une déclaration pragmatique sur le fond, mais perçue comme condescendante par une partie de la communauté.
La quête de transparence
La colère autour de Fortnite ne se réduit donc pas à une série de visuels discutables. Elle traduit un malaise profond dans la communauté gaming, qu’il faut aborder au plus vite. Le public veut savoir ce qu’il consomme, d’autant plus dans un jeu où l’esthétique des skins, des objets et des cosmétiques fait partie intégrante de l’identité du joueur et de son attachement à l’univers.
Que certaines œuvres puissent être soupçonnées d’IA n’est pas, en soi, un problème. Ce que les fans reprochent à Epic, c’est le flou et le sentiment que les frontières entre création humaine et génération automatique s’effacent sans que personne ne prenne la peine d’informer clairement les joueurs. Dans ce paysage, la prise de parole de Sean Dove fait figure d’exception rassurante.
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