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Les voitures électriques émettent-elles trop d’ondes pour le corps humain ?

Pendant longtemps, l’idée a circulé comme une évidence : puisque les voitures électriques embarquent une batterie massive, des câbles haute tension et un moteur alimenté par des centaines d’ampères, elles généreraient forcément un champ électromagnétique plus intense qu’un véhicule thermique. Et, par extension, un risque sanitaire mal connu.

Cette inquiétude est souvent relancée sur les réseaux sociaux, et parfois même amplifiée par des approximations techniques. Pourtant, les données disponibles racontent une histoire bien plus nuancée et rassurante.

L’un des environnements les moins exposés

Les constructeurs le répètent depuis des années, mais on manquait encore d’études facilement consultables par le grand public. C’est précisément ce qui change depuis quelques mois. De l’ADAC à l’agence fédérale allemande de radioprotection (BfS), en passant par des travaux universitaires publiés en 2025, plusieurs campagnes de mesures viennent démonter les idées reçues. Le constat est sans ambiguïté : l’habitacle d’une voiture électrique reste l’un des environnements les moins exposés aux champs électriques et magnétiques du quotidien.

À l’origine, la question semble pourtant légitime, car une batterie de plusieurs dizaines de kilowattheures capable de délivrer des courants élevés génère un champ magnétique. Un onduleur qui convertit le courant continu en courant alternatif en crée un autre. Sur le papier, l’exposition des passagers pourrait donc sembler plus élevée que dans une voiture thermique. Mais la physique comme l’ingénierie automobile changent complètement la donne. La structure métallique du véhicule agit comme un blindage naturel. Les câbles haute tension sont torsadés, gainés et blindés précisément pour limiter les émissions. Quant au moteur, il est généralement installé loin de l’habitacle, derrière plusieurs épaisseurs de métal et d’isolation.

C’est ce que confirme l’étude récente relayée par L’Automobile Magazine, qui s’appuie sur des mesures réalisées par le BfS : les niveaux enregistrés à bord des voitures électriques sont vingt fois inférieurs à ceux générés par un simple micro-ondes, et très largement en dessous des seuils recommandés par la Commission internationale de protection contre les rayonnements non ionisants (ICNIRP). Les valeurs typiques observées dans l’habitacle se situent entre 0,2 et 6 microteslas, quand la limite pour le grand public est fixée à 200 microteslas. Autrement dit, dans les conditions les plus extrêmes, l’exposition reste entre 30 et 1000 fois en dessous des limites.

Ces résultats ne sont pas isolés

Une publication de 2025 réunissant mesures embarquées et simulations confirme que ni l’accélération, ni le freinage régénératif, ni les phases de forte demande énergétique ne provoquent de dépassement des seuils de sécurité. Les pics existent, mais restent courts et surtout faibles, absorbés par la distance et le blindage. Les chercheurs soulignent même que certains équipements du quotidien, sièges chauffants, convertisseurs 12 V, électroniques embarquées, peuvent générer des champs ponctuellement plus élevés que la batterie elle-même !

Un autre enseignement ressort des études, c’est que l’exposition dans les véhicules électriques est comparable à celle des voitures thermiques modernes. Les moteurs essence ou diesel utilisent eux aussi des alternateurs, des pompes électriques, de l’électronique embarquée et des faisceaux électriques capables d’émettre des champs mesurables. En d’autres termes, la motorisation n’est pas le facteur déterminant de l’exposition, et les véhicules électriques ne constituent pas un cas à part dans ce domaine.

Pour les agences sanitaires, la conclusion est donc constante. L’OMS et l’ANSES rappellent que les champs électromagnétiques mesurés dans les VE ne présentent aucun danger avéré, même pour les populations sensibles. Les porteurs de pacemaker modernes sont considérés comme à l’abri de toute interférence dans les niveaux observés. Quant aux enfants, aucune donnée ne suggère un risque supérieur par rapport à d’autres environnements du quotidien.

Il reste bien quelques zones d’incertitude, notamment autour des transitoires très courts, difficiles à capturer avec les méthodes de mesure standard. Certains chercheurs appellent encore à affiner les protocoles, histoire de ne pas passer à côté de phénomènes rares. Mais rien, dans toutes les données publiées à ce jour, ne laisse penser qu’un véhicule électrique pourrait exposer son conducteur à un champ électromagnétique préoccupant. Au contraire, la convergence des études récentes laisse peu de place au doute.

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