Alors, que se passe-t-il vraiment ? Pourquoi 20 °C à l’intérieur ne ressemblent jamais à 20 °C dehors au printemps ? En fait, le chiffre sur votre thermostat ne raconte qu’une petite partie de l’histoire. Le reste ? C’est de la physique, un peu de biologie et quelques petits détails qu’on oublie.
Ce n’est pas la température de l’air qui compte… c’est ce que votre peau ressent
Notre corps ne possède pas de thermomètre interne ultra précis capable de mesurer exactement l’air qui nous entoure. En réalité, il se fie principalement à des récepteurs cutanés sensibles à deux éléments principaux : la vitesse à laquelle nous perdons de la chaleur, et la température des surfaces qui nous entourent.
C’est là qu’il peut y avoir confusion : on croit parfois avoir froid à cause de la température de l’air, mais très souvent ce sont les murs, le sol, les fenêtres, et même les meubles qui peuvent nous faire perdre de la chaleur par principe de rayonnement. En effet, le corps humain fonctionne comme une source chaude. Quand une surface proche est plus froide que notre corps, nous renvoyons à cette surface une partie de notre chaleur corporelle.
Prenons un exemple : vous êtes dans un salon où l’air est à 20 °C, une température apparemment confortable. Seulement, un mur mal isolé derrière vous est à 12 °C, et le carrelage au sol est à 16 °C. Votre peau, même sans toucher directement ces surfaces, est “consciente” de leur température plus froide et, par rayonnement, ou parfois par contact direct (si vous êtes pieds nus sur le carrelage par exemple), transfère de la chaleur vers ces éléments. Votre cerveau interprète tout de suite cette perte de chaleur rapide comme une sensation de froid intense.
La température radiante moyenne
Pour mieux juger de la sensation thermique dans une pièce, il faut prendre en compte la notion de température radiante moyenne (TRM). Celle-ci correspond à la température moyenne de tout ce qui vous entoure : murs, sol, plafond, meubles, vitres, etc. Elle influence fortement la sensation thermique, c’est-à-dire la manière dont votre corps ressent réellement la chaleur ou le froid.
Même si l’air est à 20 °C, une TRM basse peut faire percevoir l’ambiance comme s’il faisait 17 ou 18 °C. Conséquence : pour retrouver le même confort, vous devez monter le chauffage à 22 ou 23 °C, uniquement pour compenser le froid des surfaces proches. Résultat : inconfort et une facture d’électricité plus élevée.
Et l’humidité dans tout ça ?
On entend souvent qu’il fait plus froid quand il y a de l’humidité. C’est en partie vrai, mais l’air trop sec est lui aussi un facteur.
Quand l’air est trop humide, il conduit mieux la chaleur que l’air sec. Votre peau perd donc sa chaleur plus vite, vos vêtements mettent plus de temps à sécher et les surfaces froides paraissent encore plus froides. Résultat : un 19 °C humide peut sembler glacial, alors que la même température dans un air plus sec paraît tout à fait supportable.
À l’inverse, un air très sec n’abaisse pas la température, mais il peut créer une petite sensation de fraîcheur : l’humidité de la peau s’évapore plus vite, et cette évaporation consomme un peu de votre chaleur. L’effet est plus modéré, mais peut rendre l’ambiance moins confortable si la pièce n’est déjà pas très chaude.
Au final, le taux d’humidité idéal pour un bon confort thermique se situe généralement entre 40 et 55 %. Pour le mesurer chez vous, vérifiez si votre thermostat possède cette information. Si ce n’est pas le cas, un petit hygromètre peu coûteux pourra être utile.
Les courants d’air y sont aussi pour beaucoup
Un courant d’air de 0,2 m/s (l’équivalent d’une légère brise intérieure) peut faire chuter la sensation thermique de 2 à 3 °C. C’est énorme ! D’où viennent-ils ? Le plus souvent, de joints de fenêtres usés, de prises mal calfeutrées, d’une cheminée mal fermée.
Dans les logements moins bien isolés, les fenêtres froides provoquent aussi une forme de convection qui peut accentuer la sensation de froid. L’air chaud de la pièce monte puis se refroidit en passant devant le vitrage, avant de redescendre le long de la fenêtre comme une fine chute d’air frais. Ce léger courant, souvent imperceptible, peut augmenter les pertes de chaleur et faire baisser la sensation thermique.
Des petites astuces qui peuvent faire gagner 2 à 3 °C de confort
Chaque hiver, vous pouvez mettre en place quelques habitudes simples qui peuvent réellement améliorer le confort à la maison. Un tapis sous les pieds, des rideaux bien épais pour couper le froid qui vient des vitres la nuit, et des panneaux réfléchissants derrière les radiateurs pour renvoyer la chaleur vers la pièce : ces petits ajustements sont souvent suffisants pour rendre l’ambiance plus chaude sans toucher au thermostat.
Côté vêtements, de bonnes chaussettes ou des chaussons chauds, et se vêtir de trois couches même à l’intérieur (t-shirt, pull fin, gilet) permettent au corps de conserver la chaleur sans effort. Avec ces gestes simples, beaucoup de gens passent de “j’ai froid à 20 °C” à “je suis bien à 19 °C”, voire moins. Sur une saison complète, c’est un gain de confort, mais aussi plusieurs euros économisés sur le chauffage.
🟣 Pour ne manquer aucune news sur le Journal du Geek, suivez-nous sur Google et sur notre canal WhatsApp. Et si vous nous adorez, on a une newsletter tous les matins.