Toutes les astuces sont bonnes pour prolonger l’autonomie d’une voiture électrique, mais celle-ci sort définitivement de l’ordinaire. Far-a-day remet au goût du jour un concept dévoilé il y a plus de dix ans : une remorque-batterie de 500 kg et 1,30 m de long, contenant 60 kWh supplémentaires. De quoi ajouter environ 300 km d’autonomie réelle sur autoroute. C’est l’équivalent d’une batterie externe pour smartphone… mais cette fois pour une voiture !
Contourner les limites de l’électrique
Le fonctionnement se veut aussi simple que possible. L’utilisateur réserve sa remorque via une application (en cours de développement) puis la récupère dans une station installée sur aire d’autoroute. La connexion au véhicule est automatique et ne prend que deux minutes, sans descendre de voiture, à condition d’avoir installé au préalable un attelage spécifique. Une fois déchargée, la remorque peut être déposée dans une autre station du réseau, libre au conducteur d’en récupérer une seconde ou de poursuivre son trajet sans le prolongateur.
Le modèle économique reste à préciser, mais Far-a-day assure que le prix du kilowattheure sera le même que celui facturé par les stations de recharge rapide, soit entre 30 et 70 centimes. En pratique, une recharge complète coûterait donc entre 18 et 42 euros, hors frais éventuels de mise à disposition. Le concept n’est pas totalement inédit. En 2016, Jean-Baptiste Segard, aujourd’hui cofondateur de Far-a-day, proposait déjà un système similaire avec EP Tender, alors alimenté par un petit moteur essence. L’entreprise a disparu en 2024, mais l’ingénieur a poursuivi son idée sous une forme 100 % électrique, désormais soutenue par une nouvelle équipe.
Far-a-day ne se limite pas à un simple accessoire : la start-up veut bâtir un réseau complet. Chaque station sera équipée de 300 m² de panneaux photovoltaïques pour produire une partie de l’énergie nécessaire et limiter la dépendance au réseau. La technologie, testée sur 200.000 km avec des prototypes, se veut compatible avec la majorité des véhicules électriques, y compris les modèles d’occasion dont les batteries vieillissantes ont plus de mal sur les longs trajets.
L’entreprise résume son objectif en une phrase : dissocier autonomie et prix d’achat. Son CEO, Arthur Darde, insiste sur la possibilité de rouler au quotidien dans une citadine électrique abordable et de ne recourir à la remorque que ponctuellement. Le premier corridor visé reliera Paris à Bordeaux dès 2026, avec un maillage de stations tous les 100 km. Far-a-day promet ensuite 30 stations supplémentaires en 2027, couvrant ainsi 80 % des trajets longue distance. Les automobilistes sont même invités à suggérer les emplacements prioritaires.
L’idée pourrait séduire tous ceux qui ne veulent pas payer plus cher pour une grosse batterie. Si le pari se concrétise, les aires d’autoroutes pourraient accueillir un nouveau venu inattendu : une petite remorque de 500 kg capable de redonner un vrai second souffle aux voitures électriques.
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