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Vous jetez vos vieux téléphones ? Saviez-vous qu’ils contiennent de l’or pur qui peut être recyclé ?

Même si vous ne prenez certainement plus la peine de regarder votre vieux Samsung S9 ou iPhone 7, sachez qu’ils ont encore des ressource sonnantes et trébuchantes. Encore faut-il savoir les récupérer : la Suisse a peut-être la solution !

Nous avons tous chez nous un vieux téléphone qui traîne, oublié au fond d’un tiroir ou dormant au fond d’un carton humide. Comme vous le savez certainement, ces appareils électroniques contiennent nombre de métaux et de terres rares, dont quelques grammes d’or. En moyenne, une tonne de déchets électronique peut contenir 400 g d’or, soit 0,04 % de sa masse totale. Cela peut paraître peu, mais c’est en réalité extrêmement élevé ; malheureusement nous manquons cruellement de moyens respectueux de l’environnement pour récupérer correctement ce métal et le recycler afin qu’il ne finisse pas sa vie en déchetterie.

Il est donc possible d’affirmer que dans les millions de téléphones jetés chaque année se cachent en réalité des dizaines de kilos d’or, qui nous échappent des doigts. Heureusement que certaines institutions planchent pour éviter de gaspiller ce potentiel : c’est le cas de l’École polytechnique fédérale de Zurich (ETH Zurich), qui vient de développer une technique de recyclage de ces déchets particulièrement innovante. Peu étonnant finalement : le pays est le cœur battant du commerce et de la transformation de l’or au niveau mondial !

L’or des déchets électroniques : un trésor inexploité

Selon les données de l’OMS, en 2019, ce sont « 53,6 millions de tonnes de déchets électroniques ont été produites à l’échelle mondiale, mais seulement 17,4 % ont été recensées comme étant officiellement collectées et recyclées ». Un chiffre qui tend à augmenter, puisqu’en 2022, l’agence en recensait 62 millions.

Si ces appareils contiennent de très petites quantités d’or, la concentration de ce métal est environ 80 fois plus élevé que dans les gisements aurifères, qui ne dépassent jamais 5 grammes par tonnes. L’industrie du recyclage reste néanmoins largement en retard, n’arrivant qu’en recycler que 20 % dans des conditions contrôlées.

Tous les métaux précieux qu’ils renferment (or, palladium, argent, cuivre, etc.) partent donc à la benne et finissent par s’entasser dans des décharges à l’autre bout du monde, menaçant l’équilibre des écosystèmes qui les accueillent. Finalement, ils ne retournent jamais dans le circuit économique, mais dans les sols de pays qui n’ont jamais profité des milliards générés par notre boulimie technologique. Une « économie circulaire » parfaitement toxique.

La méthode suisse : de l’or pur sans produits chimiques

La potentielle solution à cette problématique a peut-être été trouvée par des chercheurs de l’ETH Zurich, qui sont repartis de zéro sur la question du recyclage. Oui, on sait déjà récupérer l’or des déchets électroniques, mais les techniques utilisées sont affreusement polluantes et toxiques pour la santé, car il est indispensable de recourir au mercure ou au cyanure. Deux substances dont le simple nom suffit à faire frémir n’importe quel toxicologue, mais qui restent, malheureusement, un des maillon de la grande chaîne du recyclage mondial de l’or.

Ils ont donc mis au point des « éponges protéiques », de minuscules structures fabriquées à partir de lactosérum. Vous savez, c’est l’un des résidus de la production fromagère (oui, on est en Suisse, après tout), dont personne ne veut, qu’ils ont réussi à transformer en une espèce de « filet moléculaire ».

Une fois plongées dans un bain contenant les métaux dissous des cartes électroniques (un mélange où tous les métaux, dont l’or, circulent tous sous forme d’ions), ces éponges filtrent sélectivement. Leur structure interne est constellée de micro-cavités ainsi que de zones chargées électriquement, qui n’attirent qu’un seul métal : l’or.

Au fil de son bain, l’éponge se gorge d’atomes d’or et les autres métaux restent dans la solution. Une fois saturée de liquide, elle est séchée et chauffée à très haute température : la matrice protéique se désagrège, ne laissant derrière elle que l’or aggloméré en petites pépites d’une pureté de 22 carats, soit environ 91,7 % d’or pur (le reste étant souvent du cuivre ou de l’argent). Cette technique marche également avec d’autres métaux, comme le nickel, l’argent, le cuivre ou le palladium, on imagine qu’il suffit pour cela de concevoir des variantes de l’éponge avec des sites de liaison spécifiques à chaque élément.

Un procédé entièrement biologique que l’on aimerait voir se développer plus largement tant il est bien pensé. Pour le moment, aucune preuve publique nous prouve qu’il a fait l’objet d’un brevet, mais ses inventeurs ont tout de même publié leur méthode l’an dernier, sur la plateforme PubMed. Un concept a beau être brillant, mais avant qu’il passe le stade de l’industrialisation, il y a un gigantesque gouffre que très peu d’innovations parviennent à franchir, tant le marché du recyclage reste dominé par des pratiques archaïques et horriblement polluantes. Croisons les doigts et espérons que cette équipe trouvera des soutiens publics qui les aidera dans leur projet !

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