La France est-elle en train de faire face à l’une des cyberattaques les plus dangereuses de son histoire ? C’est du moins ce que laisse entendre le collectif de hackers à l’origine du piratage survenu la semaine dernière. Le vendredi 12 décembre, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez confirmait l’existence d’une attaque informatique survenue dans la nuit du 11 au 12. Il expliquait alors que l’ampleur de cette attaque semblait alors restreinte puisqu’il n’y avait “pas de traces de compromissions graves“, mais la situation ne va vraisemblablement pas en s’améliorant.
Dans la foulée, samedi 13 décembre, le groupe de pirates déclarait sur le site BreachForums être en possession de données bien plus sensibles que le gouvernement ne le laisse entendre, dont des fichiers issus du Traitement des antécédents judiciaires (TAJ), du Fichier des personnes recherchées (FPR) mais aussi de la Direction générale des finances (DGFIP) ou encore de la Caisse nationale d’assurance vieillesse. Relancé par plusieurs médias depuis le début de la semaine, dont Le Parisien, le ministère de l’Intérieur “ne confirme pas l’information sur l’ampleur de cette intrusion” sans pour autant l’infirmer. Et c’est bien ce qui inquiète les experts. Car une fois l’ultimatum des hackers passé (celui-ci étant fixé au samedi 20 décembre), l’éventuel partage de ces données sensibles pourrait marquer un tournant désastreux pour la sécurité nationale.
“L’impact serait sans précédent pour la France“
Dans leur post initial sur BreachForums, les hackers affirment avoir accès aux données personnelles et sensibles de plus de 16,4 millions de Français. Et puisqu’il est question d’un piratage de bases de données, telles que le Traitement d’Antécédents Judiciaires, des renseignements concernant des victimes et des témoins sont susceptibles d’être rendus publics. Dans un nouveau message publié la nuit dernière, le groupe pirate déclare avoir examiné pendant plusieurs semaines les boîtes mail de nombreux enquêteurs de la Police Nationale et de la Gendarmerie, ce qui leur aurait permis d’extraire discrètement suffisamment de données de chaque plateforme avant d’être repérés. “La vérité que nous pourrions révéler sur l’ampleur réelle de cette fuite – qui touche à la fois les criminels et les victimes – choquerait la France et compromettrait gravement de nombreuses personnes” déclarent les hackers dans leur dernier message.
Le hacker spécialiste de la cybersécurité Clément Domingo, également connu sous le pseudo de SaxX “le gentil hacker” sur X (anciennement Twitter), explique que le partage des informations obtenues serait “critique et que cette fuite d’informations ou vente de données mettrait la sécurité nationale en péril“. Une enquête vient d’être confiée à l’office anticybercriminalité (OFAC), mais, pour l’heure, les pirates menacent encore de “vendre les données à d’autres agences ou groupes cybercriminels” ou bien de partager toutes les informations publiquement. Les hackers affirment au passage que ce second scénario aurait “un impact sans précédent pour la France” et qu’il s’agirait d’une fuite “comme on n’en a jamais vu sur BreachForums“. Si toutes ces informations s’avèrent malheureusement être vraies, les prochains jours s’annoncent donc décisifs pour la sécurité des Français.
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