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Ces livres illégaux sont en vente libre chez Amazon et Cultura

Après une enquête de Libération révélant la vente de titres racistes et négationnistes, les géants de la culture en ligne ont été sommés de faire le ménage, sous la pression politique et judiciaire.

C’est un coup dur pour les géants de la culture en ligne. Il y a quelques jours, Libération a mis en évidence la présence, sur les sites d’Amazon, Cultura mais aussi d’autres grandes enseignes, d’ouvrages ouvertement négationnistes, antisémites, racistes ou suprémacistes, certains frappés d’interdiction de diffusion en France par décision de justice.

L’enquête accessible ici dans son intégralité, montre que ces titres étaient accessibles au grand public comme n’importe quel roman, parfois livrés en 24 heures, sans avertissement ni restriction d’âge.

Que contenaient ces livres interdits ?

Les livres épinglés vont de textes de la mouvance néonazie à des ouvrages de négationnistes notoires, dont plusieurs sont interdits sur le territoire français. Dans certains cas, les références ne figuraient plus dans les catalogues physiques des librairies, mais restaient bien disponibles sur leurs marketplaces en ligne ou via des vendeurs tiers hébergés par les plateformes.

​Rapidement après la publication de l’enquête, Amazon et Cultura ont retiré en catastrophe plusieurs titres signalés, reconnaissant implicitement des failles dans leurs dispositifs de modération et de conformité juridique. Le tri a été opéré à la fois dans leurs stocks propres et dans les catalogues de vendeurs partenaires, tandis que le ministère de l’Intérieur a de son côté, annoncé un signalement à la justice pour la mise en vente de livres racistes, antisémites ou interdits.

L’impossible régulation des marketplaces

L’affaire fait du bruit, mais elle fait étrangement écho à celle des poupées pédopornographiques mises en vente sur Shein, dont la découverte avait provoqué un tollé mondial. À plus large échelle, elle met en lumière la difficulté des géants du e‑commerce à contrôler efficacement des catalogues qui comptent plusieurs millions de références, alimentés en continu par des éditeurs et des vendeurs tiers, parfois situés en dehors du territoire français.

L’épisode relance aussi un débat ancien sur l’équilibre entre lutte contre les discours haineux et risques de censure abusive dans l’édition. Dans d’autres dossiers récents, des livres simplement interdits aux mineurs se sont retrouvés déréférencés purement et simplement par excès de prudence, certains revendeurs préférant couper l’accès à tous les publics plutôt que de gérer des restrictions ciblées. Pour les acteurs du livre, la frontière entre censure légitime de contenus illégaux et assèchement du débat public reste délicate à tracer, d’autant que les décisions de retrait sont souvent prises dans l’urgence d’une dénonciation médiatique.

Faut-il serrer la vis ?

Cette affaire pourrait accélérer la pression politique pour imposer aux grandes plateformes des obligations plus strictes de contrôle éditorial. À court terme, Amazon et Cultura promettent de renforcer leurs procédures internes, mais les précédents montrent que ces coups d’éclats restent souvent ponctuels, et très superficiels dans leur efficacité réelle. À plus long terme, la question sera de savoir si les géants du commerce accepteront de se prendre leurs responsabilités face à ce qu’ils mettent en vente, ou s’ils continueront de se présenter comme de simples intermédiaires.

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