Fin 2025, l’industrie du jeu vidéo était secouée par l’affaire des 34 employés licenciés chez Rockstar Games. Fin octobre, 31 employés britanniques (du studio Rockstar North) et 3 employés canadiens (du studio Rockstar Toronto) étaient licenciés avec effet immédiat par Rockstar pour « faute grave ». Très vite, le syndicat britannique de l’IWGB se saisit de l’affaire.
Les premières manifestations sont organisées, avec la diffusion des premiers messages Discord, prouvant qu’aucune faute grave n’avait été commise par les employés. Alors que tout semblait tourner en faveur du syndicat, Rockstar Games a pris la parole et a apporté les premières preuves lors de l’ouverture du procès avec l’audience préliminaire. Finalement, le juge donne raison à la firme étoilée.
Rockstar Games 1-0 Syndicat

La fin d’année 2025 a été tendue pour Rockstar. Tout semblait les accabler, au point où le parlement britannique a confirmé son intention d’ouvrir une enquête. Mais, l’année 2026 s’ouvre sur un retournement de situation.
Alors que Rockstar restait muet depuis plusieurs semaines, la firme étoilée a commencé à donner sa version des faits et ses preuves, lors de l’ouverture d’un procès, la semaine dernière avec une première audience préliminaire. Rockstar Games affirmait que les accusations de l’IWGB (le syndicat britannique) n’étaient absolument pas fondées, sans aucune preuve et, qu’encore une fois, cette décision fut prise, car les employés en question ont partagé des informations confidentielles sur le développement de GTA 6 ainsi que d’autres jeux non annoncés.
Rockstar a confirmé qu’aucun licenciement n’était lié à une envie de se syndicaliser. Confirmant d’ailleurs que les employés canadiens n’étaient pas membres du syndicat. Rockstar confirmait également que de nombreux employés qui font partie du syndicat et qui étaient également sur le Discord en question n’ont pas été sanctionnés. Rockstar réaffirme une nouvelle fois que cette décision fut prise pour faute grave avec une violation des accords de confidentialités.
La firme étoilée confirmait qu’elle avait toujours agi de la sorte et que ces accords de confidentialités sont les principes les plus importants au sein de l’entreprise. Rockstar explique d’ailleurs que plusieurs employés ont été licenciés pour des cas de violations de NDA au cours des récentes années, comme avec un employé de Rockstar Lincoln en avril 2025, de Rockstar India en novembre 2023 et un autre employé américain en novembre 2023.
« Rockstar dément catégoriquement les allégations examinées lors de l’audience d’aujourd’hui. Nous avons toujours clairement indiqué avoir pris les mesures nécessaires à l’encontre d’un groupe d’individus au Royaume-Uni et au Canada qui ont divulgué des informations hautement confidentielles, notamment concernant les fonctionnalités de jeux à venir et non annoncés, sur un réseau social public et non sécurisé. Il s’agissait d’une violation de nos politiques de confidentialité, établies de longue date et parfaitement claires. Ce canal comptait au moins 25 personnes n’appartenant pas à Rockstar, dont des employés de développeurs de jeux concurrents, un journaliste spécialisé dans l’industrie du jeu vidéo, ainsi que des dizaines de membres anonymes et non identifiables. Par ailleurs, les employés qui ont publié des messages de soutien au syndicat, mais qui n’ont pas enfreint les politiques de confidentialité, n’ont pas été licenciés. Nous regrettons que ces licenciements aient été nécessaires ; cependant, la confidentialité est essentielle à toutes les activités de Rockstar Games. L’intérêt mondial pour nos jeux est sans égal. Même la plus petite fuite d’informations concernant nos produits et nos pratiques peut causer des dommages commerciaux et créatifs considérables — comme nous l’avons constaté par le passé — et nuire à l’expérience de nos joueurs fidèles et de notre équipe dévouée. Il n’a jamais été question d’appartenance syndicale. Nous avons toujours appliqué une politique de tolérance zéro à l’égard des divulgations non autorisées d’informations — et nous l’appliquerons toujours ».
Porte parole de Rockstar Games
De son côté, l’IWGB n’apportait aucune preuve supplémentaire. Confiant de son dossier et de ses premiers faits apportés en novembre, le syndicat demandait simplement au juge d’accorder une mesure provisoire aux 31 employés britannique. Cette mesure aurait permis de les faire réintégrer les équipes de Rockstar, afin de renouveler leur visa de travail et leur permettre de toucher de nouveau un salaire.
« Nous espérons que le tribunal de cette semaine accordera l’aide urgente aux travailleurs dont la vie a été bouleversée par la brutale répression syndicale de Rockstar, les laissant, eux et leurs familles, sans revenus, sans avenir stable et, dans certains cas, sans même le droit de rester dans le pays qu’ils ont établi. Cependant, quel que soit le résultat de cette audience préliminaire, nous restons confiants dans la solidité du dossier que nous avons constitué contre Rockstar Games. Nous réaffirmons notre conviction que Rockstar a enfreint la loi en licenciant sommairement 31 de nos membres, et nous attendons avec impatience le jour où nous les affronterons devant le tribunal pour une audience complète et approfondie. Qu’une mesure provisoire soit accordée ou non cette semaine, nous continuerons à nous battre devant les tribunaux et dans la rue jusqu’à ce que justice soit faite, pour les employés licenciés de Rockstar et pour tous les travailleurs qui luttent pour un avenir plus juste ».
Porte parole de l’IWGB
Après deux jours d’audiences, le juge Frances Eccles en charge de l’affaire a rendu son verdict. Cette première manche du procès est donc à l’avantage de Rockstar Games. En effet, le juge n’a pas accepté la requête de l’IWGB, puisque, selon ce dernier et le tribunal, les faits rapportés par le syndicats ne permettent pas de démontrer que les licenciements étaient liés à une appartenance à un syndicat ou à une activité syndicale. Le juge a ainsi déclaré :
« Compte tenu de toutes les circonstances, le tribunal n’a pas été en mesure de conclure qu’il est probable que la principale raison du licenciement des requérants était leur appartenance à l’IWGB ».
Compte rendu du juge Frances Eccles
Dans le rapport de cette première audience préliminaire, nous apprenons que le serveur discord, dans lequel des échanges ont eu lieu, totalisait plus de 350 membres. Parmi les membres, il y avait plusieurs anciens employés de Rockstar Games qui ne travaillent plus dans l’entreprise depuis plusieurs années, dont un membre qui est désormais journaliste dans l’industrie du jeu vidéo et qui écrit pour un média. Il a été noté que les trois employés licenciés au Canada, dans les bureaux de Rockstar Toronto, ne faisaient pas partie du syndicat. Enfin, il est précisé que certains membres du groupe syndical et de son comité d’organisation n’avaient pas été licenciés par Rockstar.
Dans une déclaration accordée à Bloomberg, un porte parole de Rockstar félicite la décision prise par le tribunal :
« Nous regrettons d’avoir été contraints de procéder à des rejets de plaintes, mais nous maintenons notre position, confortée par l’issue de cette audience ».
Porte parole de Rockstar Games
Alex Marshall, président du groupe syndical britannique, a déclaré dans un communiqué :
« Nous sommes ressortis de l’audience de la semaine dernière plus confiants que jamais qu’un tribunal complet et substantiel jugera la tentative calculée de Rockstar d’écraser un syndicat non seulement injuste, mais aussi illégale ».
La suite du procès devrait se dérouler dans les prochaines semaines, pour faire le point et résoudre définitivement cette affaire.
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