Michael O’Leary, le PDG de Ryanair connu pour son franc-parler légendaire explique tranquillement à Reuters mi-janvier que sa compagnie ne compte absolument pas installer le Wi-Fi Starlink d’Elon Musk à bord de ses 600 avions. Son argument est plutôt simple, il explique que la démarche coûte trop cher et les passagers de la compagnie low cost ne paieront jamais pour une connexion internet sur un vol d’une heure.
Comme à son habitude, Musk ne l’entend pas de cette oreille et a commencé à faire du boudin comme l’enfant gâté qu’il est.
Une question de traînée et de kérosène qui met le feu aux poudres
O’Leary donne des chiffres précis pour justifier son refus. Selon lui, installer l’antenne Starlink sur le fuselage des Boeing 737 imposerait une pénalité de carburant de 2 % à cause du poids et de la traînée aérodynamique supplémentaires. Le patron irlandais estime que ce surcoût atteindrait entre 200 et 250 millions de dollars par an pour l’ensemble de la flotte Ryanair. Autant dire que pour le champion des vols à bas coût, le résultat n’en vaut clairement pas la chandelle.
La riposte de SpaceX ne tarde pas. Michael Nicolls, vice-président de l’ingénierie chez Starlink, publie un démenti cinglant sur X. D’après les analyses internes de l’entreprise, leur antenne nouvelle génération ne provoquerait qu’une augmentation de consommation de 0,3 % sur un 737-800, bien loin des 2 % avancés par O’Leary. Nicolls précise que les anciens systèmes, plus volumineux, imposaient effectivement une pénalité de 2 %, mais que leur équipement actuel est beaucoup plus aérodynamique et léger.
A 2% fuel impact might be true for legacy terminals, but @Starlink's terminal is much lower profile and more efficient. Our analysis shows that the fuel increase to a 737-800 (which burns 800 gallons/hour) with our current design is about 0.3%. Also beg to differ on whether… https://t.co/ZtHanpPT7P
— Michael Nicolls (@michaelnicollsx) January 14, 2026
O’Leary enfonce le clou lors d’une interview. Il affirme que ce qu’Elon Musk connaît sur les vols commerciaux et la traînée aérodynamique « se résume à zéro ». Le patron de Ryanair ajoute que Boeing a déjà confirmé ses calculs concernant l’impact sur la consommation de carburant. Pour lui, impossible de refiler cette facture aux clients qui paient parfois à peine 15 euros leur billet.
Des insultes qui fusent entre deux grands enfants
Le clash monte d’un cran quand O’Leary lâche la phrase qui met le feu aux poudres : « Je ne prêterais absolument aucune attention à Elon Musk. C’est un idiot. Très riche, mais quand même un idiot. » Il en profite pour qualifier X de « cloaque » et critiquer les positions politiques de Musk, notamment son soutien à Donald Trump.
La réponse de Musk arrive comme un boomerang sur son propre réseau social. « Le PDG de Ryanair est un idiot complet. Virez-le », écrit-il sèchement. Quand un internaute suggère à Musk d’acheter carrément Ryanair pour limoger O’Leary lui-même, le milliardaire répond avec un « Bonne idée ». Le pire, c’est qu’il en serait vraiment capable. Il pousse même la crétinerie plus loin en demandant à ses followers s’il devrait racheter la compagnie pour installer à sa tête quelqu’un qui s’appelle réellement Ryan.
Ryanair CEO is an utter idiot. Fire him.
— Elon Musk (@elonmusk) January 16, 2026
Derrière ce crêpage de chignon se cache un vrai débat stratégique. Ryanair incarne le modèle ultra low-cost poussé à son paroxysme. La compagnie fait payer le moindre service additionnel, du choix du siège à l’eau en bouteille. Dans cette logique implacable, offrir le Wi-Fi gratuitement reviendrait à augmenter structurellement les coûts sans générer de revenus supplémentaires.
D’autant que les vols Ryanair durent généralement une heure. O’Leary martèle que ses clients ne débourseront pas un euro de plus pour surfer pendant 60 minutes dans les airs. Et il a probablement raison sur ce point précis. Ses passagers recherchent avant tout le prix le plus bas possible, pas les services premium.
Face à lui, Starlink multiplie pourtant les contrats avec des compagnies majeures. United Airlines, Qatar Airways, Lufthansa, Air France, British Airways, Virgin Atlantic, Emirates… Plus de deux douzaines de transporteurs déploient déjà ou prévoient d’installer le système de Musk. Lufthansa vient même d’annoncer l’équipement de 850 appareils d’ici 2029, avec un Wi-Fi gratuit pour tous les passagers.
La grande différence ? Ces compagnies traditionnelles misent sur le confort et les services pour se différencier. Elles voient le Wi-Fi comme un argument commercial essentiel face à la concurrence. Starlink est censé leur permettre d’offrir du streaming haute définition, des appels vidéo et du cloud computing à 11 000 mètres d’altitude, un niveau de connectivité impossible avec les anciens systèmes satellites. On a hâte de voir vers quelles autres idioties va mener cette nouvelle bataille du fantasque homme le plus riche de l’histoire de l’humanité (non).
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