On n’a rien fait de mieux depuis ? En 2006, la saga Pirates des Caraïbes fait entrer le cinéma dans une nouvelle ère. Quelques années après l’incroyable travail de Wētā sur Le Seigneur des anneaux — en particulier concernant Gollum en motion capture— Industrial Light & magic doit aussi faire une démonstration de force. Le second volet des aventures de Jack Sparrow se prépare, Gore Verbinski a l’idée de créer Davy Jones avec un visage de pieuvre. Le personnage entièrement en animation et son équipage maudit vont rencontrer un succès certain auprès du public. Si les effets numériques sont encore rejetés par une partie de la profession, ILM va prouver qu’on peut accomplir les miracles sur le grand écran.
Vingt ans plus tard, le film reste un monument dans le domaine. Jamais égalé ou surpassé ? En pleine campagne promotionnelle pour son nouveau film, le cinéaste Gore Verbinski a été invité à parler de l’apparente “régression” au cours de ces dernières années. Le média But Why Tho lui a tout simplement demandé pourquoi ils ne sont “plus aussi bons” que par le passé ? Selon Verbinski, c’est le monde du jeu vidéo qui est en cause.
Un changement d’approche
Pour lui, c’est l’abandon d’un moteur graphique au profit d’un autre qui explique cette sensation d’effets visuels moins aboutis. Il explique en effet que le moteur de jeu Unreal Engine a fait son entrée à Hollywood et qu’il a considérablement changé la manière de concevoir des créatures ou des objets animés. “Il était excellent pour les jeux vidéo, mais on a commencé à se dire que le cinéma pouvait aussi l’utiliser pour des effets visuels aboutis. On assiste donc à l’émergence d’une esthétique propre aux jeux vidéo dans le monde du cinéma”. Le remplacement de Maya, outil utilisé jusqu’alors, constitue selon lui le plus grand recul dans le domaine.
Il ajoute que, par souci de rapidité, beaucoup de choses sont simplifiées ou automatisées plutôt que faites à la main. C’est notamment vrai pour ce qui est du mouvement.“On peut créer un hélicoptère très réaliste. Mais dès qu’il vole mal, on comprend que ce n’est pas réel”. Il explique, par exemple, qu’il préfèrera toujours immortaliser un navire sur l’eau que dans un univers de fonds verts. “Il y a cette idée reçue selon laquelle, du point de vue des dirigeants, personne ne se souciera du fait que les bateaux en mer donnent l’impression de ne pas être sur l’eau. Dans le premier film Pirates des Caraïbes, on partait réellement en mer et on embarquait sur un bateau”.
Derrière le mythe
Pour suivre toutes les étapes de conception de la trilogie de Verbinski et comprendre comment ILM A fait éclore l’un des rares films qui fait encore l’unanimité pour ses effets numériques, il est possible de voir le documentaire Light & Magic sur Disney+. La série en deux saisons retrace l’histoire du studio fondé par George Lucas. C’est un pan passionnant de la pop culture mondiale qui est évoqué ici, avec des voix d’autorité pour accompagner le propos, de Spielberg à Verbinski en passant par James Cameron. L’épisode 3 de la seconde saison est celui qui parle de la trilogie Pirates des Caraïbes et de ses secrets de fabrication.
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