Le suspense a pris fin hier sur le pas de tir 39B du Kennedy Space Center. Un peu moins de 20 jours après le premier Wet Dress Rehearsal (WDR), qui a connu quelques ratés (des fuites d’hydrogène, notamment), la NASA a enfin réussi à faire avaler ses 2,6 millions de litres d’ergols cryogéniques à -253 °C à son lanceur lourd sans rencontrer le moindre pépin.
Un succès qui permet d’officialiser la suite des opérations : le mastodonte Space Launch System (SLS) est désormais apte au service et le compte à rebours est lancé. Il va maintenant être ramenée brièvement au bâtiment d’assemblage pour les dernières vérifications du système d’interruption de vol (FTS) avant le grand départ. Le 6 mars, il décollera avec les quatre astronautes à son bord : direction la Lune ; une mission qui durera au total une dizaine de jours durant laquelle l’équipage orbitera autour de notre satellite naturel.
Artemis II : plus que trois semaines à attendre
Les ingénieurs du Kennedy Space Center ont poussé le test d’hier jusqu’à la 29ème seconde du compte à rebours simulé, validant ainsi la résistance des bras articulés qui relient la tour de lancement à la fusée tant qu’elle est sur le pas de tir (appelés ombilicaux). Toute la séquence de pressurisation du premier étage et des boosters latéraux s’est déroulée à merveille et les données de télémétrie ont confirmé que le SLS était parfaitement sécurisé. Tout est prêt pour le 6 mars !
Dès ce soir, les quatre membres d’équipage (Reid Wiseman, Victor Glover, Christina Koch et le Canadien Jeremy Hansen) entameront leur protocole de quarantaine à Houston. Cette mesure de sécurité sanitaire, immuable depuis les missions Apollo, marque le point de non-retour opérationnel avant un vol habité de cette envergure. Ils seront interdits de sortie jusqu’au grand départ pour se protéger des pathogènes terrestres auxquels ils ne pourraient pas faire face dans l’espace.
L’administrateur de la NASA, Jared Isaacman, légèrement excédé par les reports de la mission, martelait encore récemment : « Nous ne lancerons pas tant que nous ne serons pas prêts, et la sécurité de nos astronautes restera la priorité absolue ». Il a d’ailleurs exigé que les ombilicaux du SLS (qui sont des nids à problème depuis 40 ans) fassent l’objet d’une révision complète pour Artemis III.
Le dirigeant veut faire table rase et repartir sur des bases saines et que les Quick Disconnect (les connecteurs des ombilicaux) soient changés de A à Z. D’une conception obsolète, ils sont les héritiers directs d’une technologie conçue…. au milieu des années 1970. Bien que qu’ils aient bénéficié de l’ajout de matériaux modernes, le mécanisme de base (une plaque de connexion qui doit s’éjecter instantanément de la paroi du SLS tout en restant étanche à l’hydrogène liquide) n’a pas fondamentalement changé depuis le premier vol de la navette Columbia en 1981.
Pour le lancement du 6 mars 2026, il faudra veiller tard ou se lever très tôt ! Il aura lieu à 2 h 29 (heure française) et la NASA dispose de 120 minutes (jusqu’à 4 h 29 chez nous, donc) pour faire partir la fusée. Si un problème technique ou météo survient au début, elle pourra décaler le tir de quelques minutes à l’intérieur de ce créneau. Attention néanmoins : les États-Unis passeront à l’heure d’été le 8 mars (deux jours plus tard). Si le lancement est reporté au 8 ou au 9 mars, le décollage aura lieu à une heure différente pour nous puisque le décalage passera à 5 heures. Si vous voulez suivre l’évènement en direct, l’agence lance généralement une retransmission en live sur YouTube à partir de 22 h pour suivre le remplissage des réservoirs et l’installation des astronautes. Un rendez-vous à ne manquer sous aucun prétexte pour si vous êtes fan d’espace : le moment sera inoubliable ; et puis ce n’est pas comme si cela faisait 50 ans que l’on attendait ce retour vers la Lune !
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