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Ça sent mauvais pour le prochain jeu Assassin’s Creed

Le prochain jeu Assassin’s Creed vient de perdre son directeur créatif, au beau milieu de la restructuration massive d’Ubisoft.

Dire qu’Ubisoft traverse une zone de turbulences relève aujourd’hui de l’euphémisme. Entre la restructuration massive, les licenciements à gogo, les fermetures de studios et les projets annulés, l’éditeur français semble être piégé dans une course contre la montre pour stabiliser sa situation financière. Ces derniers mois, plusieurs jeux ont été abandonnés en cours de route, tandis que certaines équipes ont été réduites ou fusionnées. Même la franchise Assassin’s Creed, pourtant un des poumons économiques du groupe, n’a pas été épargnée. Un projet dérivé aurait été annulé récemment dans le cadre de cette réorganisation.

Dans ce contexte déjà fragile, la moindre mauvaise nouvelle sur un épisode de la franchise principale prend une importance considérable. Et la dernière en date concerne Assassin’s Creed Codename Hexe, l’un des titres les plus mystérieux et attendus de la série. Le jeu vient en effet de perdre son directeur créatif, Clint Hocking, figure majeure d’Ubisoft. Présent dans l’entreprise pendant environ vingt ans, il a notamment dirigé Splinter Cell : Chaos Theory, Far Cry 2 et Watch Dogs : Legion. Autant dire qu’il s’agit d’un vétéran capable de porter des projets ambitieux. Son départ aurait été annoncé lors d’une réunion interne, sans explication officielle sur les raisons de cette décision.

L’hémorragie interne d’Ubisoft

Ubisoft se veut rassurant, le développement d’Hexe continue, et Jean Guesdon, connu pour son travail sur Assassin’s Creed Origins et Black Flag, deux épisodes particulièrement appréciés, reprend le poste. Sur le papier, le remplacement est solide. Mais dans la réalité industrielle du jeu vidéo, perdre un directeur créatif en cours de production reste rarement anodin.

Ce rôle dans le développement d’un jeu est central. Il définit la vision globale du projet, son ton, ses mécaniques et son identité artistique. Quand cette vision change en plein développement, le jeu peut basculer vers autre chose, subir des réécritures coûteuses ou repartir sur de nouvelles bases. Cela ne signifie pas nécessairement catastrophe, mais c’est presque toujours synonyme de soucis en interne.

Le cas Hexe est d’autant plus sensible qu’il s’inscrit dans une refonte globale d’Ubisoft. L’éditeur a récemment réorganisé ses activités en maisons créatives, dont Vantage Studios est chargée notamment d’Assassin’s Creed. Parallèlement, le responsable historique de la franchise, Marc-Alexis Côté, a quitté l’entreprise dans des conditions conflictuelles, allant jusqu’à engager une action en justice. Ajoutez à cela des résultats commerciaux inégaux, des tensions sociales, des accusations de népotisme autour de certaines nominations et une dépendance croissante aux licences phares et toute la situation devient extrêmement délicate.

Assassin’s Creed est-il en péril ?

Assassin’s Creed Hexe ne devrait pas être annulé. La franchise reste trop importante pour Ubisoft, tant en termes d’image que de revenus. Mais la perte d’un pilier créatif à ce stade du développement est un signe préoccupant. Dans l’industrie, ce type de départ peut annoncer un projet en difficulté, des désaccords internes ou un repositionnement stratégique.

Pour les joueurs, cela ne condamne pas le jeu, certains titres ont même brillamment survécu à des changements de direction. Mais dans le climat actuel chez Ubisoft, difficile de ne pas y voir un symptôme supplémentaire d’une firme qui peine à retrouver sa stabilité.

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