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Taxe sur les petits colis : voici ce que vont vraiment vous coûter vos commandes Shein, Temu et AliExpress

Depuis le 1er mars, les plateformes chinoises d’e-commerce sont officiellement dans le viseur du fisc français.

C’est l’une des mesures phares de la loi de finances 2026 : la taxe sur les petits colis est entrée en vigueur ce 1er mars. Son cœur de cible : les géants de l’ultra-fast-fashion et du discount asiatique comme Shein, Temu et AliExpress, qui inondent la France de petits paquets à quelques euros depuis des années. En 2025, les douanes françaises recensaient 826 millions d’articles importés via ces canaux, dont de nombreux colis non-conformes, contrefaits ou carrément dangereux. Un flux logistique qui représente plusieurs dizaines d’avions cargo par jour dans les aéroports français.

Taxer les petits colis en provenance de Chine

Désormais, chaque article d’une valeur inférieure à 150€ provenant d’un pays hors Union européenne est soumis à un prélèvement forfaitaire de 2€. En pratique, les choses sont un peu moins claires : car contrairement à ce que beaucoup ont d’abord compris, la taxe ne s’applique pas à chaque objet physique présent dans un colis, mais à chaque catégorie douanière, identifiée par un code SH6. Autrement dit, si on commande cinq fois le même produit sur Shein, les articles relèvent tous du même code SH6 et ne génèrent qu’une seule taxe de 2€. En revanche, si le panier mélange plusieurs catégories (chaussures, vêtements et accessoires par exemple), ce sont trois catégories distinctes qui sont prises en compte, donc 6€ de taxe. La mesure est donc loin d’être anodine pour les petites commandes très diversifiées.

Qui va payer ?

Dans la pratique, ce n’est pas le consommateur qui s’acquittera directement de cette taxe à la caisse. Le redevable légal est la plateforme elle-même. Mais on peut raisonnablement s’attendre à ce que Shein, Temu et consorts répercutent tout ou partie du surcoût dans leurs prix affichés ou leurs frais de livraison. L’addition atterrira d’une façon ou d’une autre dans le panier du client.

Avec cette taxe, le gouvernement avance un double objectif : rétablir une équité concurrentielle avec les commerçants français et européens, mais aussi et surtout générer environ 500 millions d’euros de recettes annuelles pour financer les douanes. Un argument recevable face à l’explosion des flux en provenance de Chine, qui a littéralement submergé les services de contrôle.

Une solution très imparfaite

Le problème, c’est que la mesure comporte une faille de taille. Rien n’empêchera les plateformes de dérouter leurs vols de fret vers des hubs européens non soumis à cette taxe, avant d’acheminer les colis en France. Un manque à gagner qui priverait la France de recettes douanières sans pour autant freiner l’afflux de produits. Seule solution face à cette limite : proposer un mécanisme européen harmonisé, en étendant la taxe douanière française à tout le vieux continent. À partir de juillet, un droit de douane de 3€ par catégorie d’article devrait également être déployé à l’échelle de l’Union portant la fiscalité totale à 5€ par catégorie.

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