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Netflix, Disney+, Amazon, TikTok et Meta ont cédé… la “taxe YouTube” rapporte gros au cinéma français

Les recettes de la taxe sur la publicité des vidéos en ligne ont dépassé les 41 millions d’euros en 2025, soit une hausse de 9 %.

Quand on parle de financement du cinéma français, on pense immédiatement aux salles obscures et à leur taxe sur les billets. Peut-être aux chaînes de télévision, qui contribuent lourdement au système via la taxe sur les services de télévision. Mais on oublie souvent un troisième pilier, plus discret, qui prend chaque année un peu plus de poids : la taxe sur la diffusion en vidéo physique et en ligne de contenus audiovisuels, plus connue sous le nom de “taxe YouTube”. Et cette année, si l’on en croit les chiffres avancés par L’Informé, le mécanisme a été particulièrement rentable pour l’audiovisuel français.

En 2025, la taxe YouTube a rapporté plus de 41 millions d’euros au Centre national du cinéma (CNC), soit une hausse de près de 9 % par rapport à l’année précédente. Pour 2026, les projections tablent sur 43,1 millions d’euros. C’est encore loin des 290 millions versés par les chaînes de télé ou des 140 millions issus des salles de cinéma, mais la trajectoire est en hausse. Surtout, elle est alimentée par des acteurs qui, il y a encore quelques années, refusaient tout simplement de payer.

Meta et TikTok ont fini par céder

Pendant des années, Meta et TikTok ont traîné des pieds face à cette taxe. Les plateformes de vidéo en ligne sont pourtant assujetties à cette contribution depuis 2017, à hauteur de 5,15 % de leur chiffre d’affaires lié à la vidéo. La roue est en train de tourner. Les géants des réseaux sociaux ont finalement accepté de s’acquitter de la taxe. Une régularisation, qui logiquement, a contribué à la hausse des recettes du CNC en 2025. Le signal est symbolique : les géants du numérique ne peuvent plus faire comme si le droit français ne s’appliquait pas à eux.

Merci la pub

Le vrai moteur de la hausse n’est pas la reddition de Meta. C’est l’explosion des formules d’abonnement à bas prix intégrant de la publicité chez les plateformes de streaming. Netflix a lancé son offre avec pub en 2022. Disney+ a suivi en 2023. Amazon Prime Video a franchi le pas en 2024, en intégrant par défaut de la publicité dans son offre standard. À chaque fois, le même schéma : un abonnement moins cher pour l’utilisateur, mais des revenus publicitaires supplémentaires pour la plateforme. Et ce sont (une partie de) ces revenus publicitaires qui tombent sous le coup de la taxe YouTube.

Les chiffres du marché publicitaire confirment l’ampleur du phénomène. Selon l’Observatoire de l’e-pub, les plateformes de SVOD (Netflix, Amazon Prime, Disney+ essentiellement) ont cumulé 67 millions d’euros de revenus publicitaires en France en 2025, détaille L’Informé, soit plus du double de 2024. Leur part de marché sur le segment vidéo du display a bondi à 12%, avec une croissance de 90% sur un an. C’est encore modeste face à YouTube, qui capte 48% du marché vidéo publicitaire, mais la dynamique est spectaculaire.

Pour le CNC, c’est une excellente nouvelle. Chaque euro de publicité diffusé sur Netflix ou Disney+ en France alimente désormais le fonds de soutien au cinéma et à la création audiovisuelle.

TF1+ et M6+ ajoutent leur pierre à l’édifice

L’autre facteur de hausse, moins spectaculaire mais tout aussi structurel, vient des chaînes de télévision traditionnelles. Le lancement en 2024 des plateformes TF1+ et M6+ a créé de nouveaux flux publicitaires en ligne. Ces offres gratuites, conçues pour capter un public plus jeune qui a déserté la télévision linéaire, génèrent des revenus publicitaires numériques qui entrent eux aussi dans le périmètre de la taxe.

Selon les données du marché, les groupes audiovisuels français se sont partagé près de 200 millions d’euros de recettes issues de leurs plateformes à la demande en 2025. Ces revenus ont permis de limiter la baisse des recettes publicitaires globales de TF1 et M6 à environ 2,5 %.

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