La Chine peut de nouveau bomber le torse dans la course au supercalcul. Le dernier classement Top500, qui recense les ordinateurs les plus puissants de la planète, place désormais un système chinois à la première place. Une première depuis 2017.
Le club des supercalculateurs sans Nvidia
Baptisé LineShine, ce mastodonte informatique installé à Shenzhen a atteint 2,198 exaflops de puissance de calcul soutenue. Autrement dit, plus de deux milliards de milliards d’opérations par seconde. Cela lui permet de dépasser El Capitan, le supercalculateur américain du Lawrence Livermore National Laboratory, qui affichait jusqu’ici 1,809 exaflop.
L’écart n’est pas anecdotique : les résultats de LineShine sont plus de 20 % supérieurs à ceux de son concurrent. Une performance qui surprend d’autant plus que la machine chinoise a choisi une voie très différente de celle suivie par la plupart des grands centres de calcul. Depuis quelques années, les GPU sont devenus les vedettes du calcul haute performance. Ces processeurs graphiques équipent la majorité des systèmes les plus rapides du monde. LineShine a pourtant décidé de jouer une autre partition.
Au lieu de s’appuyer massivement sur des GPU, le système repose sur une puce maison de 304 cœurs. Au total, près de 13,8 millions de cœurs de calcul travaillent de concert à travers 90 armoires informatiques. Les ingénieurs ont intégré directement dans ces processeurs des circuits spécialisés capables d’accélérer les calculs mathématiques les plus gourmands.
Résultat : la machine rivalise avec les architectures les plus avancées sans dépendre des accélérateurs de Nvidia ou d’AMD. Cette approche tombe à point nommé pour Pékin. Depuis plusieurs années, les états-Unis multiplient les restrictions sur les exportations des puces les plus performantes vers la Chine. LineShine envoie un message au monde entier : les sanctions compliquent la tâche, mais elles ne bloquent pas nécessairement l’innovation.
Le classement montre qu’il n’existe plus une seule recette pour construire un supercalculateur de pointe. Cette année, cinq systèmes ont franchi le seuil de l’exaflop : un en Chine, trois aux États-Unis et un en Allemagne. Intel, AMD, Nvidia, Arm et plusieurs architectures propriétaires se côtoient désormais dans le haut du tableau.
Les supercalculateurs servent à bien plus qu’à établir des records. Ils sont utilisés pour modéliser le climat, concevoir de nouveaux matériaux, simuler des phénomènes physiques complexes ou encore accélérer certains travaux liés à l’IA.
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