Le décret a été publié au Journal officiel dimanche, pour une entrée en vigueur le mercredi suivant. Dès ce 1er juillet, les étudiants extra-européens non boursiers ne toucheront plus l’APL, conséquence du décret n° 2026-552 paru le 28 juin. Le ministre du Logement, Vincent Jeanbrun, a chiffré l’opération à environ 200 millions d’euros d’économies par an. Une sacrée douche froide pour les principaux concernés.
100 000 étudiants concernés
Le périmètre est précis. Sortent du dispositif les étudiants ressortissants de pays hors Union européenne, hors Espace économique européen et hors Suisse, qui ne sont pas boursiers. Restent éligibles, à l’inverse, tous les étudiants européens, les Suisses, et les boursiers quelle que soit leur nationalité. Une porte de sortie existe également pour les étudiants en apprentissage ou exerçant une activité salariée en parallèle de leurs cours, à partir d’une heure de travail par semaine.
Pour les étudiantes et les étudiants concernés, c’est un coup dur. L’APL représente en moyenne 100 € à 250 € par mois, soit 1 200 à 3 000 € sur l’année. Selon le ministère de l’Enseignement supérieur, la mesure ne toucherait « que » 3 % des 3 millions d’étudiants présents en France, ce qui représente tout de même près de 100 000 personnes.
Trois jours pour s’organiser
C’est sur le calendrier que le bât blesse. Le décret d’application a été publié le 28 juin pour une entrée en vigueur le 1er juillet, soit 72 heures plus tard. Concrètement, des étudiants installés depuis des mois peuvent voir leurs droits coupés en plein milieu de l’année universitaire, sans aucune transition. Les syndicats étudiants ont dénoncé un délai intenable, en pointant une mécanique qui « pousse les étudiants étrangers à se salarier en parallèle de leurs études », selon l’Unef.
Le gouvernement défend une logique de justice sociale. Il s’agirait de « recentrer » l’APL sur ceux qui en ont le plus besoin, en réservant l’aide aux profils les plus fragiles. Dans les faits, un étudiant européen non boursier conserve son APL quand son camarade extra-communautaire, à situation financière identique, la perd. Le critère de nationalité, officiellement absent, structure pourtant la mesure.
Le signal est d’autant moins rassurant que les barèmes des APL ont déjà été gelés pour 2026 tous étudiants confondus, pendant que l’indice de référence des loyers continue de grimper. Officiellement, la réforme ne concerne donc « que » les étrangers non boursiers, mais l’Unef craint que cette décision ne soit qu’une première étape vers un durcissement encore plus drastique des règles. Reste à savoir combien de temps cette frontière tiendra.
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