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Taxe petits colis : bonne nouvelle (ou presque) si vous commandez sur Shein et Temu

Une bonne nouvelle arrive, mais une mauvaise prend le relais.

Elle n’aura pas tenu quatre mois. Instaurée le 1er mars 2026 pour endiguer le déluge de paquets venus de Chine, la taxe française de 2 € sur les petits colis est suspendue dès ce mercredi 1er juillet, a annoncé le gouvernement mardi 30 juin. Le cabinet du ministre du Commerce, Serge Papin, l’a confirmé à l’AFP : dans un marché unique, conserver une taxe purement nationale en plus du nouveau droit de douane européen ne se justifie plus.

Une taxe aux allures de fiasco

Sur le papier, l’idée était simple : 2 € par catégorie d’articles sur chaque commande de moins de 150 € expédiée depuis une plateforme extra-européenne,. L’objectif assumé était de freiner Shein, Temu et AliExpress. Dans les faits, les géants asiatiques ont trouvé la parade en quelques semaines, en redirigeant leurs frets vers d’autres pays de l’Union, la Belgique en tête, avant d’acheminer les colis par la route jusqu’en France.

Au final, la « taxe sur les petits colis » s’est surtout transformée en cadeau fiscal pour les douanes européennes. Paradoxalement, il a surtout poussé Bruxelles à agir plus vite, et de manière généralisée.

Ce 1er juillet, l’Union européenne instaure à son tour un droit de douane forfaitaire de 3 € sur les colis de moins de 150 € en provenance de pays tiers. Acté par les Vingt-Sept en décembre 2025, puis publié au Journal officiel de l’UE en février, le dispositif devait initialement attendre 2028. La pression des États membres a accéléré le calendrier. La bonne nouvelle, vous l’aurez compris, c’est que les deux taxes ne s’additionnent pas. Le forfait européen de 3 € vient remplacer les 2 € imposés par Bercy. Contrairement à ce que l’on attendait, il ne sera donc pas question d’un cumul de 5 € par colis.

Pourquoi la facture risque de grimper

Concrètement, les consommateurs échappent aux 5 € de cumul, mais vont tout de même voir leur facture grimper. Les 3 € ne s’appliquent pas au colis entier, mais à chaque catégorie de produit, c’est-à-dire à chaque code douanier présent dans l’envoi. Un panier contenant un vêtement, une paire de chaussures et un gadget high-tech déclenche ainsi trois fois la taxe. Et ce n’est pas fini : Bruxelles prévoit d’ajouter à l’automne des « frais de traitement » d’environ 2 €, distincts du droit de douane.

Les plateformes, elles, planchent déjà sur la prochaine faille. La piste la plus sérieuse consiste à bâtir d’immenses entrepôts en Europe pour importer en gros, au-delà du seuil de 150 €, puis à revendre au détail sur place. Un schéma qui, paradoxalement, faciliterait le travail des douaniers tout en rapprochant les stocks des clients.

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