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Xbox Helix : les joueurs réclament des disques, mais les auront-ils ?

Après la débâcle PlayStation concernant les disques de jeux, les joueurs se tournent vers Xbox pour un ultime espoir.

Tu peux prendre une mauvaise décision, pas quinze. Xbox traverse une période assez mouvementée, marquée par une énorme restructuration interne, des licenciements à la pelle, qui soulèvent des interrogations autour du Game Pass. Pourtant, Microsoft doit toujours préparer la suite. Project Helix, sa prochaine console Xbox, est censée rapprocher encore davantage l’univers console de Windows et du PC. La promesse était séduisante quand elle a été annoncée il y a quelques mois, mais désormais le projet se voit embarqué dans les inquiétudes concernant le débat sur le jeu dématérialisé.

Sur le portail Xbox Player Voice, une demande prend de l’ampleur : les joueurs veulent que Project Helix conserve un lecteur de disques et continue d’accepter les jeux physiques. Autrement dit, alors que PlayStation a annoncé la fin de la production de ses jeux first-party sur disque à partir de 2028, une partie de la communauté Xbox aimerait que Microsoft fasse exactement l’inverse et transforme le support physique en argument de reconquête.

Helix, la console qui veut devenir un PC

Microsoft a déjà présenté Helix comme sa future plateforme de jeu, construite autour d’une puce AMD personnalisée et pensée pour rapprocher Xbox des bibliothèques PC. Des kits de développement alpha doivent être envoyés aux studios à partir de 2027, ce qui donne une première idée du calendrier.

Ce rapprochement avec le PC a cependant de quoi inquiéter les collectionneurs. Le jeu sur ordinateur est devenu presque entièrement numérique, via Steam, Epic Games Store, Game Pass ou d’autres boutiques. Si Helix adopte cette logique à fond, le lecteur de disque pourrait apparaître comme un coût supplémentaire, voire comme une contrainte incompatible avec la vision de Microsoft.

Elle n’a toutefois pas encore tranché publiquement en ce qui concerne sa suite. D’après plusieurs informations récentes, Xbox testerait même une fonction interne baptisée Disc2Digital, parfois associée au nom de code Positron. Elle permettrait de convertir certains jeux Xbox One et Xbox Series X/S sur disque en licence numérique. Mais attention, il ne s’agirait pas d’offrir une copie dématérialisée définitive à conserver tout en revendant sa boîte. La licence resterait liée au disque et serait transférée avec lui.

Une solution de transition, pas forcément une promesse

Sur le papier, Disc2Digital pourrait être une idée assez intelligente. Elle faciliterait le passage vers une machine plus numérique tout en évitant de laisser de côté les bibliothèques physiques récentes. Elle ne concernerait néanmoins ni la première Xbox ni la Xbox 360, ce qui limite fortement son intérêt pour la préservation et la rétrocompatibilité à long terme.

Cette initiative peut être lue de deux manières. Elle peut d’un côté signifier que Microsoft veut protéger les joueurs qui possèdent encore des disques. Mais elle peut aussi préparer doucement une génération où le lecteur deviendrait facultatif, voire absent. Xbox a déjà expérimenté le modèle avec la Series S en 2020 puis une Series X sans lecteur en 2024.

Dans le contexte actuel, Microsoft aurait pourtant tout intérêt à écouter cette demande. Après les difficultés de la marque ces dernières années, promettre un vrai support du physique permettrait de récupérer un peu de confiance auprès d’une communauté très attachée à ses anciennes consoles et à la rétrocompatibilité.

Le paradoxe du combat pour le physique

Le débat est très bruyant, notamment depuis que les mouvements consacrés à la préservation du jeu vidéo gagnent en visibilité. Pourtant, les habitudes d’achat racontent une autre histoire. En Europe, 131,6 millions de jeux ont été vendus en dématérialisé en 2024, contre 56,5 millions en boîte. Les ventes numériques ont progressé de 15 % sur un an, tandis que les ventes physiques ont reculé de 22 %.

Cela ne signifie pas que le format physique ne compte plus. Il reste essentiel pour la revente, le prêt, les promotions en magasin, les collectionneurs et une forme de contrôle plus direct sur sa bibliothèque. Mais il représente désormais une minorité des achats, et les constructeurs le savent très bien. Reste à savoir maintenant si les constructeurs et éditeurs écouteront cette tendance ou s’ils essayeront de l’inverser. La réponse est déjà presque toute trouvée, notamment d’un point de vue économique.

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