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Grok Imagine : l’IA d’Elon Musk s’offre un mode -18 ans

xAI, la société d’Elon Musk, vient de lancer Grok Imagine, un outil d’IA générative qui a la particularité d’autoriser les contenus NSFW.

Les IA capables de produire des deepfakes et images photoréalistes à caractère sexuel ne sont pas inédites. Sauf que jusqu’à présent, l’opération se faisait sous le radar des entreprises, ces dernières fustigeant largement l’utilisation de leurs outils à des fins explicites. C’était sans compter sur Grok, l’IA d’Elon Musk. Alors que X.com est en passe de devoir justifier l’âge de ses utilisateurs en France, l’outil de génération IA vient de lancer son mode Spicy, qui encourage la production de contenus NSFW.

Libérer l’IA (des tabous)

À contre-courant des géants du secteur qui multiplient les garde-fous pour éviter toute utilisation inappropriée de leurs outils, xAI affirme ouvertement sa volonté de laisser “l’imagination” de ses utilisateurs s’exprimer sans limites. Le mode Spicy, activable directement depuis l’interface, pousse l’IA à générer des images ou vidéos explicitement sexualisées, voire pornographiques.

Grok Imagine se distingue par une double capacité de génération. D’une part, le text-to-image : l’utilisateur décrit ce qu’il souhaite voir, et l’IA produit une image dans le style désiré (photoréalisme, anime, illustration). D’autre part, l’outil propose l’animation d’images existantes (image-to-video), générant de courts clips agrémentés d’effets sonores. S’il est donc nécessaire d’alimenter l’IA avec une image de base, la vidéo générée peut répondre à plusieurs modes d’animation, dont le fameux mode Spicy.

Un succès viral… teinté de polémiques

Depuis son lancement, Grok Imagine aurait généré plus de 34 millions d’images. Sur X (ex-Twitter), les expérimentations des utilisateurs fleurissent : images photoréalistes de femmes dénudées, avatars animés de personnages de manga dansants en tenue sexy… Si l’accès est réservé aux abonnés SuperGrok et Premium Plus X via l’application iOS (et bientôt Android), la viralité de l’outil a déclenché une pluie de critiques. Il faut dire que le principe d’animer n’importe quelle image, sans restriction ni censure a du potentiel, et pas seulement dans l’industrie pour adultes.

De notre côté, nous n’avons pas pu avoir accès à l’outil. N’étant pas abonnés Premium, le chatbot bottait en touche à chaque demande sexuellement explicite.

Plusieurs tests démontrent que, si certaines limites existent (par exemple, empêcher la génération d’images de célébrités), les garde-fous restent contournables. Le risque d’abus, notamment autour de la reconstitution d’images explicites de personnes réelles ou de contenus à caractère non consenti, demeure une incertitude majeure. Au-delà du buzz, cette stratégie largement médiatisée par Elon Musk pose des questions éthiques vertigineuses : jusqu’où la liberté de création doit-elle primer sur la responsabilité ? Si le modèle séduit certains par sa radicalité, il s’attire aussi l’attention des régulateurs, défenseurs de droits et associations, pour qui la levée de barrières éthiques pourrait bien rimer, à terme, avec une réaction législative musclée.

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