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Critique Astérix et Obélix : quand L’Empire du Milieu ne donne pas la Gaule

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11 ans après leurs dernières aventures au cinéma, Astérix et Obélix reprennent du service. La potion reste-t-elle magique pour les célèbres Gaulois ? Critique.

C’est l’histoire d’un village d’irréductibles Gaulois qui fait son grand retour au cinéma. Véritables icônes du neuvième art, Astérix et Obélix continuent de fasciner les réalisateurs et acteurs de l’Hexagone. Plus d’une décennie après Astérix & Obélix : Au Service de sa Majesté, réalisé par Laurent Tirard, c’est au tour de Guillaume Canet de se pencher sur les nouvelles aventures de l’improbable duo. Le réalisateur s’octroie d’ailleurs quelques libertés puisque contrairement à ses prédécesseurs, il ne va pas s’inspirer d’un album d’Uderzo et Goscinny.

Pour la première fois en prise de vues réelles, l’intrigue sera tout à fait inédite. Une approche assez ambitieuse qui lui permettra d’explorer de nouveaux horizons scénaristiques. Un terrain moins balisé qu’il compte bien mettre à profit pour livrer ce qui s’annonce comme le divertissement familial de l’année.

Guillaume Canet et Gilles Lellouche
Crédits : Pathé

L’intrigue ne s’écarte néanmoins que très peu des prérequis du genre. Encore une fois, la célébrité de l’unique village gaulois résistant à l’envahisseur romain pousse nos deux héros à s’embarquer dans une mission de sauvetage. Cette fois-ci, c’est l’Impératrice chinoise qui requiert l’aide d’Astérix et Obélix. Elle est gardée captive par un certain Deng Tsin Qin, qui n’a pas du tout apprécié que sa proposition de mariage soit refusée par la princesse. Aidés du Phénicien Graindemaïs et d’Idéfix, les deux amis s’engagent alors dans un long voyage jusqu’à l’Empire du Milieu.

Une potion pas très magique

Pour les amateurs de films Astérix, cette nouvelle proposition de Canet ne sonnera pas comme une révolution. Le cinéaste adopte une narration assez similaire à celle de ces prédécesseurs, un voyage dans une contrée lointaine qui se conclura par une bataille épique où grâce à la potion magique, Astérix et Obélix vont distribuer des mandales jusqu’à épuisement de l’adversaire.

C’est plus dans les thématiques qu’elle aborde que la proposition de Canet tente de se démarquer. Le réalisateur entend à travers ses gags, moquer notre société contemporaine et surtout parler à un public bien plus jeune. Pour l’aider dans l’écriture du scénario, Guillaume Canet a invité Philippe Mechelen et Julien Hervé. Les deux hommes n’en sont pas à leur première comédie puisqu’ils ont également officié sur Les Tuches.

Les vegans, la friendzone, tout y passe. Mais marcher dans les pas d’Alain Chabat n’est pas chose aisée. Mission Cléopâtre a marqué toute une génération de petits et grands enfants, avec son approche presque enfantine des aventures de nos Laurel et Hardy nationaux, Canet ne parvient pas à doter son récit du même aspect régressif.

Crédits : Pathé

Malgré ses multiples tentatives, le film échoue à faire éclore une partition comique digne de ce nom. Lourdauds et peu inspirés, les gags se multiplient mais ne font que très rarement mouche. Le réalisateur essaie d’attirer un auditoire plus jeune avec des calembours sur les réseaux sociaux, des rappeurs célèbres et des sportifs qui le sont tout autant. Malheureusement, la recette n’est pas des plus savoureuses.

D’ailleurs, les seuls véritables moments de comédies ont été lancés au spectateur dans la bande-annonce, le reste tombe terriblement à plat. Malgré quelques bonnes idées ici et là, Astérix & Obélix fait surtout naître une certaine gêne chez son auditoire. L’Empire du Milieu aurait sans doute dû se contenter d’être un divertissement, un film d’aventure à grand budget, puisque ce volet est plutôt réussi. Malheureusement, il est parasité par un humour très (trop) potache.

Pas le coup de poing annoncé

Pourtant, la proposition de Canet n’est pas tout à fait dénuée d’intérêt. Le film peut parfois sonner comme une véritable invitation à l’aventure. Les décors sont particulièrement soignés et participent à faire d’Astérix et Obélix : L’Empire du Milieu un divertissement à grande échelle. En convoquant des références au cinéma hongkongais, le film se réinvente à travers des scènes d’action maîtrisées. Un second souffle qui lui permet (presque) de faire oublier ses errances comiques.

Malheureusement, elles sont trop peu nombreuses. On peut noter en revanche un certain soin apporté à la conclusion, une bataille épique assez réjouissante. Dommage que le scénario manque de consistance pour en faire un véritable enjeu. Car c’est un peu comme cela que l’on pourrait résumer L’Empire du Milieu : une succession anarchique de gags qui oublie de développer ses personnages et les enjeux de l’intrigue. Pourtant, des personnages, il y en a…

C’est la fête au village !

C’est presque une tradition pour la licence. Depuis Astérix & Obélix contre César, tous les films ont eu à cœur d’inviter toutes les personnalités du moment. Même en dehors du cercle cinématographique, les guests sont nombreux. Si Chabat faisait déjà appel à des joueurs de foot, chez Canet, c’est un peu le défilé des influenceurs et des rappeurs. Orelsan, Angèle, Big Flo et Oli ou encore McFly et Carlito, Canet constitue une galerie de joyeux lurons pour porter les nouvelles aventures des célèbres Gaulois.

Dans la peau d’Astérix, parce qu’on n’est jamais mieux servi que par soi-même, c’est Canet qui s’y colle. Le réalisateur n’aura d’ailleurs pas à feindre une alchimie avec son partenaire à l’écran puisqu’il confie à Gilles Lellouche la mission d’incarner Obélix. Si le duo fonctionne plutôt bien à certains égards, il ne parvient pas à faire oublier ceux qui l’ont précédé.

Zlatan dans Astérix et Obélix : L'Empire du Milieu
Crédits : Pathé

Canet a néanmoins compris les personnalités enfantines des deux héros, et leur rend hommage à plusieurs moments dans le film. On peut également souligner une conclusion assez tendre, qui porte un regard inédit sur ces deux grands enfants. Dommage que le même soin ne soit pas apporté à leur développement tout au long du film. Et qu’encore une fois, ils soient les premières victimes d’une écriture paresseuse.

Même son de cloche pour Jonathan Cohen, qui semble avoir de plus en plus de mal à s’écarter de sa tonalité habituelle. Ceux qui adorent devraient continuer d’adorer, pour ceux qui commencent à exprimer une certaine lassitude en revanche…

Astérix & Obélix : L’Empire du Milieu n’est pas le divertissement régressif annoncé. Avec l’ombre de l’excellent Mission Cléopâtre qui plane au-dessus de sa tête, le film de Canet fait pâle figure. Un peu à la manière du barde, le métrage porté par Canet et Lellouche sonne souvent faux. Pourtant, il reste quelque chose d’attachant, une véritable ambition d’aventure sacrifiée sur l’autel du gag.

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