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Critique Cyberpunk Edgerunners 2 : toujours un chef d’œuvre ?

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Netflix frappe fort avec sa saison 2 de Cyberpunk Edgerunners, disponible dès aujourd’hui sur la plateforme.

Il fallait oser. Après avoir traumatisé des millions de téléspectateurs avec l’histoire de David Martinez, Cyberpunk : Edgerunners revient sur Netflix dès aujourd’hui avec une deuxième saison. À la fois attendue et redoutée, celle-ci prend un malin plaisir à changer les règles du jeu. Pour des raisons évidentes, on dit au revoir à David, Lucy et leur bande de mercenaires, pour accueillir cette fois de nouveaux personnages.

Toujours produite par CD Projekt Red et le studio Trigger, cette suite indépendante a une sacrée pression sur les épaules. Parce que réussir une première saison aussi marquante, c’est déjà compliqué. Réussir à lui succéder sans simplement refaire la même chose ? C’est une autre histoire. Et autant vous le dire tout de suite, cette saison 2 a de solides arguments pour elle.

Une autre histoire, toujours le même enfer

Pas besoin de ressortir les mouchoirs (pour l’instant), Edgerunners 2 choisit volontairement de changer de scope et se concentrer sur du sang neuf, toujours dans l’univers de Cyberpunk 2077. On y découvre Roman, un jeune cinéphile d’une douzaine d’années qui se balade avec sa caméra pour immortaliser le monde autour de lui. À ses côtés gravitent D, un jeune homme rongé par une soif de vengeance, Talia, issue d’un milieu privilégié et obsédée par le chrome, ainsi que Weak, une ancienne légende des mercenaires qui tente de se reconstruire après sa chute dans la cyberpsychose. Quatre protagonistes pour le prix d’un, c’est plus qu’on n’en demandait. Leurs trajectoires, d’abord distinctes, finissent par se croiser dans une Night City où les corporations continuent de broyer les individus avec le sourire.

Edgerunners 2 (1)
© Netflix

Plutôt que de se concentrer sur un seul héros et sa descente aux enfers, elle multiplie les intrigues, chacune abordant des thèmes différents : la vengeance, la famille, les inégalités sociales, l’identité ou encore la manière dont on se reconstruit après avoir tout perdu. Certaines idées sont développées avec une vraie finesse, sans que les personnages aient besoin de nous expliquer frontalement ce qu’on doit comprendre. Tout n’est pas forcément subtil, et quelques dialogues tombent parfois dans des clichés un peu faciles, surtout en VF. Mais quand l’écriture touche juste, elle fait mouche.

Le plus étrange, finalement, est de voir des enfants évoluer dans un monde aussi violent, aux côtés d’adultes déjà cabossés par leur existence. L’enfance n’a rien d’innocent à Night City, et la série ne cherche pas à édulcorer cette réalité. Pourtant, malgré leurs défauts et leurs choix parfois discutables, tous ces personnages finissent par devenir attachants à leur manière. Même quand on a envie de leur crier de prendre une bonne décision.

Edgerunners 2 (3)
© Netflix

Night City sort de l’ombre, et c’est magnifique

Les afficionados du jeu mais aussi les adorateurs de la saison 1 remarqueront un changement drastique, pour le meilleur. Edgerunners 2 est beaucoup plus lumineuse, au moins visuellement. Là où l’histoire de David se complaisait dans le monde de la nuit, les néons et une atmosphère constamment menaçante, cette nouvelle aventure adopte une palette plus douce, avec des tons pastel et une photographie absolument sublime. Le contraste est d’autant plus réussi que la noirceur du monde, elle, n’a pas disparu. Voir des couleurs aussi délicates accompagner des événements aussi violents crée un décalage qui rend certaines scènes encore plus percutantes.

Côté animation, le studio Trigger continue de faire des merveilles. Les mouvements de caméra, les cadrages et la manière dont les personnages occupent l’espace donnent une vraie personnalité à la mise en scène. Certaines scènes donnent l’impression d’avoir été filmée directement à travers l’œil du cinéphile, ce qui les rend encore plus artistiques. On sent que l’équipe ne se contente pas de reproduire l’esthétique de la première saison, mais cherche de nouvelles façons de raconter visuellement son histoire.

Cyberpunk Edgerunners 2
© Netflix

Et puis il y a l’humour. Parce que oui, Edgerunners 2 sait aussi nous faire rire, sans casser son ambiance ni donner l’impression de cocher une case obligatoire. Les blagues naissent des personnages et des situations, ce qui les rend d’autant plus efficaces. La bande-son complète ce tableau avec des morceaux marquants, bien choisis selon les scènes, et un travail sonore global qui renforce aussi bien les moments de tension que les passages plus intimes. En un mot, on est encore loin d’une simple série qui se contente du minimum en espérant que ça suffise à faire cyberpunk et n’hésite pas à prendre le risque de s’exposer à la lumière.

Vous en aurez pour votre argent

Le plus gros piège de cette deuxième saison aurait été de vouloir reproduire la recette de la première. Quand on voit les grandes lignes du synopsis, on aurait pu avoir des inquiétudes : un groupe de mercenaires, des implants cybernétiques à tout-va et une tragédie presqu’annoncée. Ceci dit, la série préfère explorer d’autres facettes de Night City, et c’est tant mieux. Les corporations restent au cœur du récit, mais elles sont abordées sous un angle différent, plus personnel, qui donne de la chair à cet univers.

Cyberpunk Edgerunners 2 (1)
© Netflix

Les liens avec le jeu vidéo et la première saison sont également bien amenés. Sans rien divulgâcher (j’adore ce mot), certains éléments viennent enrichir notre compréhension du lore global et donnent le sentiment d’une suite qui sait d’où elle vient. Les fans auront de quoi apprécier les connexions, tandis que les spectateurs moins familiers avec Cyberpunk 2077 pourront suivre les événements sans devoir réviser pendant trois heures.

Le format court des dix épisodes de 20 minutes est toujours aussi digeste. La série se regarde avec une facilité déconcertante, et son rythme maîtrisé permet d’enchaîner les chapitres sans avoir l’impression qu’on essaie de capturer notre attention toutes les trois secondes.

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