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Critique The Furious : coup de pied au cul et coup de cœur au cinéma

Parce qu’il n’y a pas que Spielberg dans la vie (mensonge), les sorties ciné de la semaine voient également un outsider fracasser les portes. Les portes et les têtes. The Furious est-il LE film d’action qui marquera 2026 ? Bonne chance pour le détrôner.

Est-ce que chaque année on n’aurait pas droit à cette petite pépite orientale qu’on ne voit pas venir et qui nous en décroche deux dans la mâchoire ? Fin 2023, Godzilla Minus One nous rappelait qui était le roi des monstres. En 2024, City of Darkness réaffirmait la puissance du cinéma d’action hongkongais. L’année dernière, Escape from the 21st Century ne s’imposait aucune limite. Et 2026 ? Alors que Colony n’aura pas été le rendez-vous espéré, voilà que débarque en salles The Furious, dont le titre était déjà annonciateur de beignes endiablées.

Le film est la nouvelle œuvre de Kenji Tanigaki, coordinateur de cascades et chorégraphe de métier ayant notamment participé à plusieurs volets de la saga adaptée de Kenshin le vagabond ou à City of Darkness (tiens, tiens). Il commence à faire ses propres armes derrière la caméra dès le début des années 2000 avec un résultat plus que passable. The Furious aurait donc pu sonner comme le projet dernière chance dans la carrière de réalisateur de Tanigaki. On espère qu’il sera surtout celui de la consécration.

Critique The Furious : coup de pied au cul et coup de cœur au cinéma
© Lionsgate Films

Un héros de peu de mots (voire aucun)

Comme beaucoup de films du genre, The Furious part d’une intrigue tenant sur quelques mots, l’essentiel n’étant pas dans la cause, mais dans le résultat à l’écran. Un père de famille muet voit sa fille se faire kidnapper sous ses yeux et va tout tenter pour la retrouver. Il va croiser la route d’un mari à la recherche de sa femme, une journaliste qui enquêtait sur une série d’enlèvements d’enfants. Les deux hommes vont devoir remonter la chaîne alimentaire de toute une organisation criminelle.

Si vous êtes là pour la subtilité du scénario, vous pouvez passer votre chemin. Le long-métrage ressemble à une adaptation d’un jeu vidéo type Streets of Rage où on passera d’une scène d’exposition à une séquence de grosses patates par alternance, dans un schéma programmatique. Définition de l’objectif, démontage de figurants puis boss de fin de niveau, dans une boucle d’une insolente simplicité. Il n’y a aucune nuance, aucun cheminement personnel et l’enjeu se contente d’être une ligne droite où il faut partir du point A pour arriver au point Z en cassant la figure de toutes les autres lettres de l’alphabet au passage.

Critique The Furious : coup de pied au cul et coup de cœur au cinéma
© Lionsgate Films

Vaste et Furious

Il est commun de balancer qu’un film bourrin convoque tout le cinéma d’action entre ses lignes. The Furious le fait vraiment. Un long-métrage en langue anglaise, un réalisateur japonais, des acteurs indonésiens ou hongkongais dans un décor thaïlandais. Cela pourrait ressembler à un kamoulox sans queue ni tête sur le papier. Un mélange d’influences qui brille immédiatement à l’écran, où on a l’impression de voir du The Raid patiné au City of Darkness avec une surenchère digne d’un John Woo période À Toute Épreuve.

À bien des égards, The Furious n’est pas tant un film d’action qu’un hommage au cinéma d’arts martiaux dans lequel tous les styles se rencontrent, s’affrontent, se comprennent. Judo, kung-fu, silat, jiu-jitsu… chaque forme de combat est magnifiée par des chorégraphies survoltées, décomplexées. La caméra de Tanigaki capte les mouvements comme une lettre d’amour à tous les arts de combat, filmant un affrontement comme une rencontre.

Critique The Furious : coup de pied au cul et coup de cœur au cinéma
© Lionsgate Films

Mieux, le long-métrage ne se contente pas d’enchaîner les séquences d’action, il les cumule au sein d’une même scène. Chaque baston va se découper en plusieurs actes avec une fluidité impressionnante, comme lorsqu’un deux contre un débute dans la rue, se poursuit dans un bâtiment vide avant de s’achever à l’arrière d’un camion. Et à chaque fois, la grammaire de l’affrontement est réécrite, repensée, de sorte qu’aucune scène ne va ressembler à la prochaine tout en montant crescendo dans la violence.

Ce n’est pas un euphémisme de dire que The Furious donne lieu à des affrontements d’une intensité et d’une générosité qui n’ont aucun égal récent, avec une occupation de l’espace fabuleuse. On se surprend à s’extasier devant une bagarre de night-club qui finit dans une cage de MMA où notre héros, incarné par un charismatique Miao Xie, va empiler les corps sous ses pieds à coups de marteau. En face, Joe Taslim (Mortal Kombat, The Raid) enchaîne les ippon sur du verre brisé.

Critique The Furious : coup de pied au cul et coup de cœur au cinéma
© Lionsgate Films

Est-ce que c’est exagérément ridicule par instants ? Il l’assume. Dans son délire bourrin, le long-métrage n’a absolument pas peur d’aller trop loin. Un vilain aux allures de fils de bonne famille qui se transforme en véritable monstre sans préliminaire. Un Brian Le qui semble ignorer le concept même de mortalité et qui se sert de sa stature corpulente comme arme de destruction massive… On en rigole certes, mais on en prend surtout plein la vue.

The Furious, comme son nom l’indique finalement, c’est surtout l’art du « toujours plus ». Combien peut-on se mettre de coups dans un espace d’un mètre carré ? Toujours plus. Avec combien de parties d’un vélo cassé peut-on se frapper en comptant les pédales, la chaîne, le guidon, etc. ? Toujours plus. Combien trouve-t-on tout cela merveilleux ? Toujours plus.

Un final qui éclate la concurrence

Et lorsque l’on pense que le film n’ira pas plus loin, qu’il a tout donné, il nous signe un troisième acte en forme de combat final où la scénographie change à chaque plan, où le physique des acteurs prend le dessus sur la dramaturgie ou même la logique. Ce n’est pas un climax, c’est un enchaînement de climax où The Furious passe à la caisse en convoquant la totalité de son cinéma d’action.

Et à chaque coup échangé, on a le sentiment des corps éprouvés, jamais épuisés. Deux contre un, deux contre deux, trois contre un, on ne sait même plus où donner de la tête, on n’ose plus cligner des yeux de peur de louper un moment d’anthologie. Définitivement, The Furious n’aurait pas pu trouver meilleur titre.

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Notre avis

The Furious est une expérience. La puissance d'un uppercut dans un gant de cuir épais. Une preuve que faire de l'action et filmer de l'action sont deux choses différentes. À la sortie de la salle, on notait quelques défauts ; à l'heure d'écrire ces lignes, on ne se souvient d'aucun, parce que l'amour du bourre-pif n'a pas de prix et dans le genre, The Furious est inestimable.

L'avis du Journal du Geek :

Note : 9 / 10

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