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Critique Wicked Partie 2 : alors, on chiale ou pas ?

Le blockbuster musical d’Universal est enfin de retour au cinéma, mais le bouquet final est-il à la hauteur du phénomène de l’an dernier ? Critique.

Avant la sortie de Wicked Partie 1 dans nos cinémas en 2024, la fameuse comédie musicale de Broadway était presque inconnue du public français. Il faut dire que, chez nous, les adeptes de ce genre de spectacle ne courent pas les rues. Puisqu’Universal ne pouvait pas seulement compter sur les fans de Glee pour faire la promotion de son nouveau blockbuster, le studio a mis les bouchées doubles pour faire de l’adaptation cinématographique une expérience qui parle à tout le monde. L’effort de traduction et d’adaptation des chansons, une pratique habituellement réservée aux productions Disney, a permis aux audiences internationales de profiter de la profondeur émotionnelle de l’œuvre originale.

De fait, Wicked compte désormais de nouveaux passionnés à travers le monde qui n’ont pas encore eu la chance de découvrir la suite de l’histoire. Afin de rendre hommage à cette comédie musicale légendaire, le réalisateur Jon M. Chu a décidé de l’adapter en deux parties, représentant les deux actes de la version scénique. L’attente touche maintenant à sa fin pour les spectateurs qui vont pouvoir découvrir cette suite placée sous le signe de la tension, du drame et des émotions : mais est-elle à la hauteur de leurs espérances ?

Comment relancer la magie quand l’entracte dure un an ?

En allant voir Wicked sur scène, l’histoire se poursuit après un court entracte de 15 minutes. Les éléments scénaristiques sont encore frais dans l’esprit des spectateurs, et ceux-ci restent familiers avec l’univers musical du spectacle. Pour l’adaptation cinématographique, l’exercice de reprise est donc complètement différent. Wicked Partie 2 se permet donc de retravailler l’introduction de l’acte 2 afin de proposer une remise en contexte naturelle, qui n’alourdit pas le rythme et ne déstabilise pas les connaisseurs.

En quelques minutes, le film parvient à présenter l’opposition entre Elphaba et Glinda et à nous plonger dans l’ambiance caractéristique de la première partie. C’était loin d’être gagné d’avance, et pourtant, cette suite parvient à nous faire oublier que le chapitre précédent remonte à un an de cela. La séance débute donc sur les chapeaux de roues, mais le spectacle qui se dévoile sous nos yeux ne tarde malheureusement pas à montrer ses premiers défauts.

Un nouvel acte aussi faible que sur scène

Wicked est une comédie musicale réputée pour avoir une seconde partie moins mémorable. Au théâtre, le deuxième acte est plus court que le premier, comprend moins de chansons. Et si l’on pensait l’adaptation cinématographique capable de surpasser ces limites, il n’en est rien. Jon M. Chu a livré une adaptation fidèle de l’acte 1 et en fait de même pour l’acte 2, défauts compris.

Le film se démarque de la version scénique grâce à un casting talentueux et une durée étendue qui permet d’approfondir certains aspects. Cependant, cette liberté narrative n’est jamais pleinement exploitée. Le film se contente du strict minimum sans oser prendre de véritables risques créatifs.

Wicked Partie 2 Elphaba
© Universal

On aurait pourtant espéré une exploration plus sombre et politique des thématiques propres au pays d’Oz. Au lieu de cela, le récit reste en surface, adoptant une approche encore plus “Disneyifiée” que la première partie. Cette seconde moitié devrait théoriquement monter en tension, notamment à travers Elphaba dont les pouvoirs s’emballent dangereusement. Pourtant, même les séquences censées illustrer la puissance dévastatrice de ses capacités manquent cruellement d’impact.

Wicked Partie 2 avait le potentiel de s’imposer comme un récit fantastique plus sombre. Universal et Jon M. Chu ont manifestement choisi la sécurité en s’en tenant au livret original et en privilégiant une approche aseptisée, calibrée pour le grand public. Difficile de montrer les facettes les plus torturées des personnages quand la franchise doit également être capable de vendre des poupées Glinda et Elphaba aux enfants.

Un potentiel manqué

Le plus frustrant reste que les acteurs principaux livrent des performances remarquables et investies. Les larmes coulent avec sincérité, les cris résonnent et nous frappent en plein cœur : toutes les émotions paraissent authentiques. Pourtant, cette intensité dramatique se retrouve bridée par un scénario d’une simplicité déconcertante. La toile de fond manque cruellement de profondeur, créant un décalage presque dérangeant entre l’engagement des interprètes et la pauvreté du cadre dans lequel ils évoluent.

Seule Michelle Yeoh semble une fois de plus en difficulté dans son rôle. L’actrice oscarisée est toujours aussi déconnectée de l’univers de la comédie musicale, et sa présence relève davantage de l’affection que Jon M. Chu lui porte que d’une véritable adéquation avec le projet. Le genre ne correspond manifestement pas à ses forces et cela se ressent à chaque scène où elle apparaît. Dommage.

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© Universal

Un travail toujours aussi impressionnant sur les musiques, mais…

Fort heureusement, Wicked Partie 2 peut encore compter sur la puissance de sa bande-son. Ariana Grande et Cynthia Erivo portent le film avec des performances vocales époustouflantes, magnifiées par une orchestration digne de Broadway. L’alchimie émotionnelle et vocale entre les deux actrices se montre tout aussi touchante. Néanmoins, les nouvelles compositions de Stephen Schwartz, pourtant censées pallier aux faiblesses originales de l’acte 2, ne parviennent absolument pas à égaler les chansons du spectacle.

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© Universal

Ce faux pas musical surprend d’autant plus que le compositeur avait brillamment enrichi Wicked Partie 1 de séquences inédites lors du passage à la Cité d’Émeraude, prouvant sa capacité retravailler judicieusement la partition originale. Alors oui, Wicked Partie 2 parvient à nous faire rire et pleurer, comme la partie précédente avait su le faire l’an dernier. Mais sortir de la salle avec plus de larmes que d’étoiles dans les yeux n’est pas forcément un bon signe.

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Notre avis

Question adaptation, Wicked Partie 2 ne déçoit pas. Le deuxième acte de la pièce originale est tout aussi respecté que le premier, mais c’est peut-être cela qui fait défaut au film. La comédie musicale de Stephen Schwartz est réputée pour sa seconde partie plus faible, si bien que le long-métrage souffre des mêmes problèmes. Les musiques sont moins marquantes et le scénario évolue trop rapidement sans jamais creuser ses thématiques les plus fortes. Sur grand écran comme sur les planches, difficile de faire plus puissant que Defying Gravity. À l’avenir, les spectateurs préféreront sûrement se replonger dans la première partie.

L'avis du Journal du Geek :

Note : 7 / 10

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