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Inspiré d’une histoire vraie, quel est ce thriller qui fait un carton sur Netflix ?

Une prise d’otages, des explosifs et le dernier iPhone… comment expliquer le succès de ce thriller néerlandais sur Netflix ?

Que vous l’ayez visionné ou non, en allumant Netflix vous avez tous aperçu cette vignette d’un homme couché au sol au milieu de gens qui courent. Normal, le film occupe le Top 10 de la plate-forme de streaming depuis sa sortie, à la mi-avril. À son lancement, il y a occupé la première place dans 31 pays, et dans les dix premières dans 92 territoires. À l’heure où nous écrivons ces lignes, il est toujours à la cinquième place en France. Preuve que les abonnés se sont passionnés pour ce thriller inspiré d’une histoire vraie. On veut bien évidemment parler d’iHostage.

De quoi parle iHostage ?

Le i minuscule devant le titre n’a rien d’un hasard ou d’un coup marketing pour se démarquer des 56963 films qui s’intitulent Hostage sur IMDB (on abuse à peine). En effet, la référence à la police d’Apple pour nommer ses produits (iPhone, iPad, iPouletRôti) est volontaire et nous ramène au 22 février 2022, lorsqu’une prise d’otages a lieu dans un Apple Store au cœur d’Amsterdam, la capitale hollandaise. Une histoire que le film entend raconter, le plus fidèlement possible.

Ahmad, un homme armé et couvert d’explosifs, fait irruption dans la boutique et entend prendre en otage les clients et les employés en échange d’une énorme somme d’argent en bitcoin. Les forces de police, l’équipe d’intervention et les négociateurs vont tout tenter pour éviter le pire et sauver l’homme qu’Ahmad retient à ses côtés, ainsi que le petit groupe qui se cache dans un placard du magasin. L’imprévisibilité du malfaiteur rend les choses très compliquées.

À conseiller pour les amateurs de réalisme

On a l’habitude de dire qu’Hollywood est capable d’adapter à l’écran le moindre fait divers, les beaux récits pouvant naître des plus petites histoires, trois jours après les événements. À ce jeu-là, il ne faut pas sous-estimer le réalisateur néerlandais Bobby Boermans qui parvient à s’emparer d’une actualité survenue trois ans auparavant – voire moins si on compte la mise en chantier effective du projet. Il faut dire que le bonhomme affectionne les histoires de prises d’otages puisque son précédent travail, la série L’heure d’or, jouait sur le même terrain.

Si on devait souligner la différence majeure d’iHostage avec beaucoup de thrillers inspirés de faits réels, au-delà de la très grosse mise en avant de la marque à la pomme et de Red Bull, c’est le soin apporté au réalisme de l’incident. Le film évite tout sensationnalisme pour une approche au plus près de la réalité. Les rajouts fictionnels étant davantage des outils permettant d’apporter de l’ampleur narrative et émotionnelle. On sent que le réalisateur s’est renseigné sur la chronologie des faits et sur les acteurs présents ce jour-là pour une approche quasi documentaire.

Ihostage (1)
© Netflix

On évite ainsi plusieurs clichés du genre comme la figure héroïque, le machiavélisme forcé du méchant, le courage de l’otage, etc. Certes, ce genre de scènes existe dans iHostage, mais imposées par la nécessité et la peur. A contrario, on a parfois des séquences de moments suspendus, anti-climatiques, Boermans cherchant à imposer l’action en temps réel. Les personnages paraissent ainsi plus vivants, crédibles, car obéissant à des règles non scénaristiques, plus humaines.

À déconseiller pour les amateurs de thriller tendu

Une recherche de crédibilité qui va mettre beaucoup d’abonnés Netflix dans la poche, tout en assumant peut-être de s’éloigner d’une partie du public. Car le revers de la médaille est évidemment le risque de déplaire à ceux venus chercher tout l’inverse, avec une tension omniprésente.

Il faut bien l’avouer, sans même connaître l’histoire vraie, on sent rarement le danger mis par Ahmad tant le preneur d’otages a beau être résolu, il paraît particulièrement perdu et mal préparé. Le film se repose surtout sur des discussions entre l’homme et son prisonnier ou avec la négociatrice, sosie de Naomi Watts. Et tout le monde essaie surtout de gagner du temps sur la fin et la durée du film. C’est dans ce genre de situation qu’on apprécie le choix du long-métrage plutôt que la série.

La réalisation elle-même ne cherche pas à faire de vagues, filmant les événements de manière formelle afin de privilégier l’histoire et les personnages au détriment du suspense. De sorte qu’une intervention des forces spéciales au premier étage possède la même énergie qu’une prise de médicament au rez-de-chaussée. Peu de rythme, mais un film qui a le mérite de ne pas tirer en longueur.

Ihostage (2)
© Netflix

Résultat des courses, iHostage ressemble davantage à de l’information sans vibration. Pas déplaisant en l’état par sa volonté de ne pas rentrer dans les stéréotypes du genre, néanmoins qui règle son facteur stress au minimum syndical. On comprend facilement comment le film parvient à trouver son public, nous les premiers, tout en acceptant tout aussi aisément que certains puissent lâcher l’affaire en cours de route. On a vu Top 10 Netflix bien plus déméritant.

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