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Le Liver King est sur Netflix, docu musclé ou propagande déguisée ?

Dans la série des Untold, ou L’Envers du sport par chez nous, Netflix présente Le Liver King ! Un documentaire autour de cette personnalité tout en muscles prônant un mode de vie primitif avant que la vérité crue ne le rattrape. Attention, second degré obligatoire.

Depuis cinq saisons, la série documentaire Netflix L’Envers du sport (Untold) revient sur les athlètes ou les événements qui ont secoué le monde de la performance physique. Pour ce second épisode de la cinquième saison, nous avons droit à un éclairage autour du Liver King, un homme qui s’est fait un nom en popularisant une vie primitive faite de muscles et de régime à base de viande crue. Un profil clivant qui a atteint une solide popularité avant qu’un scandale n’entache son image.

Et si le documentaire L’Envers du sport – La vérité crue sur le Liver King, comme son nom l’indique, entend brosser un portrait sans mensonge du bonhomme, on ne peut nier qu’il insère également un certain malaise, notamment, car la frontière entre le premier et le second degré est parfois trop fine.

Qui est le Liver King ?

Si vous n’avez jamais eu la « chance » de tomber sur ses vidéos lors de vos explorations des réseaux sociaux, voici un bref résumé du monsieur.

Brian Johnson est un gamin chétif qui se découvre une passion pour la salle de sport très jeune, afin de ressembler davantage à son frère qu’il voit comme un modèle en l’absence d’un père décédé dans sa petite enfance. Il vit une existence plutôt normale, entouré de sa femme et de ses deux fils à la santé fragile. Jusqu’à ce qu’à l’aube de ses 40 ans, il lise un bouquin promouvant les modes de vie ancestraux. À partir de là, il va épouser cette philosophie et bâtir un quotidien basé sur neuf principes.

Rebaptisé Le Liver King en 2017, il va faire sa fortune sur les réseaux sociaux et grâce à la vente de produits alimentaires basés sur son exemple : un régime quasiment uniquement composé de viande crue, dont le foie. Une existence et un physique excessivement musclé qui va encourager pas mal de jeunes adolescents. Néanmoins, en novembre 2022, il est révélé que Johnson consommerait quotidiennement et en grande quantité des hormones de croissance et des stéroïdes, mettant à mal son empire.

Le Liver King ou l’Amérique fantasmée de Donald Trump

« Notre seule chance d’y arriver, c’est d’y aller à fond », puis on sort le lance-flamme. Dès l’ouverture du documentaire, L’Envers du sport – La vérité crue sur le Liver King annonce la couleur : l’homme est une exagération personnifiée. Longue barbe hirsute, chapeau de la guerre de Sécession, des muscles veineux parcourant l’ensemble d’un corps refusant le simple t-shirt, et une demeure débordante d’armes à feu, de la tête de lit à la forme des lampes. On est au Texas bébé !

« Avant j’en avais rien à foutre de la vie, maintenant, je suis plein aux as ». Le projet semble nous inviter à tout prendre au second degré, tant la masculinité toxique de la star du show transpire par les pores de sa peau. Le narcissisme, le rejet du faible, la passion pour Conan et Rambo, jusqu’à surnommer l’un de ses mômes « Stryker le Barbare »… On est dans une ambiance ringarde au possible avec de vraies caricatures, comme lorsque ses associés parlent ouvertement de « monétiser l’attention du public » ou de l’intérêt financier d’être « clivant ».

Force, pouvoir, argent et une famille dévouée qui voit presque en l’homme une sorte de Dieu qui ne doit pas être remis en question… Effectivement, il y a bien quelque chose de primitif chez le Liver King, mais ce n’est pas tant le mode de vie que l’image d’une virilité d’un autre âge. Sauf que. Sauf que nous sommes en 2025 et que Donald Trump a mis la main sur les États-Unis avec une volonté rétrograde dont Brian Johnson est une sorte de vitrine.

C’est là que le documentaire est le plus dérangeant. Parce qu’il y a une forme de complaisance dans ce portrait, y compris lors de la chute. La couverture du scandale n’occupe même pas la moitié du temps d’écran et ceux qui accusent le plus le Liver King sont des personnalités décrites un peu plus tôt comme opportunistes. Au contraire, le moment confession est vite passée sous le tapis pour épouser aussitôt l’image d’une rédemption, celle d’un homme qui reconnaît ses erreurs et s’en sert pour s’améliorer.

Là encore, comment ne pas y voir l’idée sordide que les scandales peuvent rendre plus fort, tant qu’on a l’amour de ses proches, qu’on mange des légumes et qu’on chie dans le jardin. Ah, sans oublier le rituel purificateur. Cette Vérité crue n’a pas peur de montrer le ridicule, mais qui est le plus ridicule ? L’homme moderne qui va juger tout ceci par le prisme de son propre confort, ou ce chef de famille fort qui a des principes et de belles valeurs ? Nous, nous sommes ironiques, mais combien prendront ce message au premier degré ?

Cet Envers du sport ressemble davantage à une campagne promotionnelle qu’à un véritable documentaire, mené de bout en bout par les directives du maître des lieux. Les autres intervenants se limitant à des enfants idolâtrant leur père et à des méchants capitalistes. “On me demande souvent pourquoi je n’organise pas de retraite… mais on va en faire 302”, Business is business et à la fin, Make Liver King Great Again.

 

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