Entre deux saisons de The Night Manager, nous avons pu voir : le début et la fin de Stranger Things, les Bleus soulever une seconde Coupe du Monde, Loki briller sur Disney+, ou encore Ice Cube passer une commande Amazon. De là à dire que les fans de la série connaissent par cœur la définition du mot patience, il n’y a qu’un pas…
… que nous ne franchirons pas, sachant que cette saison 2 n’est jamais allée de soi. Aucune promesse, seulement un espoir. Car The Night Manager, tiré d’un roman de feu le maître du genre John le Carré, était conçue comme un grand coup unique de la BBC. Gros budget, gros casting, une production très proche de ce qui se fait pour le cinéma et à l’arrivée, deux Emmys et une petite révolution dans le genre série d’espionnage. De la même manière que le bouquin n’a jamais eu de suite, nous n’étions pas destinés à voir le retour de Jonathan Pine, alias Tom Hiddleston, à l’écran.

Sauf que depuis, Prime Video a récupéré les droits et qu’on connaît le goût de la plateforme de streaming pour l’espionnage, surtout au regard de ce que produit la concurrence. N’oublions pas que le service a également obtenu les droits d’un certain Bond, James Bond. Quant à Hiddleston, il est plus que ravi de tenter de se trouver un autre rôle iconique récurrent à la mesure de son Loki. Ce qui nous amène à découvrir The Night Manager saison 2, avec une troisième fournée déjà annoncée.
L’histoire de The Night Manager saison 2
Jonathan Pine est un ancien soldat devenu réceptionniste de nuit dans des hôtels cinq étoiles. Les circonstances l’ont amené à rejoindre le MI6 pour infiltrer le cercle du trafiquant d’armes impitoyable Dickie Roper. Nous finissions la première saison avec l’arrestation de Roper. La suite s’ouvre quatre ans après, alors que Pine et Angela Burr (Olivia Colman) doivent identifier le cadavre de Roper, abattu.
Puis, un nouveau saut dans le présent nous montre un Pine, sous une nouvelle identité et encore bien traumatisé de son expérience passée, dirigeant désormais une cellule du MI6 cantonnée à la surveillance des hôtels de nuit. Une sorte de mise au placard justifiant encore le titre de la série. Rapidement, les choses dégénèrent et Pine retourne sur le terrain pour se rapprocher d’un trafiquant colombien lié à Roper. Et il se pourrait que quelqu’un de l’agence britannique bosse avec ou pour lui.
On prend presque les mêmes et on recommence ?
Attention, ce qui suit est basé sur notre ressenti après le visionnage des 3 épisodes mis à disposition, sur les 6 composant la saison 2.
Le risque de revenir neuf ans après, c’est de voir que la concurrence a repris le flambeau et qu’on a un côté quelque peu dépassé. Dans les faits, il est vrai qu’aujourd’hui encore, nous avons peu de séries d’espionnage aussi classieuse que The Night Manager. La plupart privilégient un rapport à l’action plus prononcé, à l’image de Jack Ryan par exemple. Il n’y a bien que l’excellente Slow Horses qui peut légitimement regarder son aîné dans les yeux. Néanmoins, concernant la production cinégénique elle-même, beaucoup ont investi le terrain.
De sorte que le retour de The Night Manager sonne autant comme un rappel du bon vieux temps, que comme un show légèrement dépassé par une époque où l’absurde réalité dépasse souvent même la fiction la mieux écrite. Ce qui ne l’empêche pas de conserver quelques gros arguments, tels que Tom Hiddleston.

Ce qui valait il y a près d’une décennie vaut encore maintenant, l’acteur est aussi charismatique que crédible en agent infiltré et, bon dieu, qu’il aurait campé un James Bond solide ! On l’apprécie en dieu de la malice chez Marvel, mais lorsqu’il fait jouer sa classe britannique, il est d’un tout autre niveau.
L’ombre au tableau est projetée par ses partenaires du jour. Diego Calva (Babylon) incarne le nouvel antagoniste de service et Camila Morrone complète le trio principal sans que l’on sache vraiment de quel côté elle va pencher. Une troupe qui donne droit à quelques moments plus sulfureux et surprenants. Pourquoi une ombre alors ? Parce qu’il faut regarder la vérité en face, on est loin du spectacle offert par Olivia Colman, Hugh Laurie, Elizabeth Debicki ou encore Tom Hollander en leur temps. Le jeu est plus stéréotypé, plus cliché (sur les Latinos notamment) et on ne retrouve pas cette tension qu’on affectionnait.

Certes, l’exercice dramaturge est encore dans le haut du panier du genre, mais on rentre dans quelque chose de plus conventionnel, moins risqué, comme si ce retour gâchait le bonheur éphémère passé autant par son existence que par la manière. Néanmoins, il faut reconnaître que beaucoup de séries aimeraient faire un retour raté de cette qualité. Au fait, comment était le fameux épisode 9 de la saison finale de Stranger Things ?
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