Dossier

[Sélection] Les meilleures musiques de films de 2020

Cinéma

Par Julie Hay le

2020, c’est fini. Pour clore cette année si particulière, replongez avec nous dans les films et les séries qui ont marqué les 365 derniers jours et découvrez notre sélection des meilleures musiques originales.

Crédits : Netflix, HBO, Universal Pictures

Il est grand temps de terminer cette année 2020. Si les salles obscures ont gardé portes closes pendant plusieurs mois, cela n’a pas empêché le 7e art de nous réserver quelques bonnes surprises. Côté série aussi, 2020 aura été riche et notamment sur les plateformes SVOD. Alors, embarquez avec nous dans une rétrospective filmique, mais surtout musicale. Voici les musiques originales qui nous ont le plus marqués.

Sur grand écran

  • 1917 – « The Night Window » de Thomas Newman

Sam Mendès a créé l’événement avec son film 1917. Imaginé comme un plan-séquence, le long-métrage nous plongeait dans la guerre des tranchées et promettait un spectacle de haute voltige. Ce tour de force cinématographique bénéficiait aussi d’une musique originale exceptionnelle, signée de la main de Thomas Newman. Le compositeur, qui a notamment travaillé sur Le Monde de Némo en 2003, dévoile une partition d’une justesse rare et qui, combinée au magnifique travail de Roger Deakins à la photographie, donnait au film toute sa dimension spectaculaire. Notre préférence va à The Night Window, utilisée lors d’une splendide scène nocturne.

  • The Gentlemen – « Play a game with me » de Chris Benstead

Dans The Gentlemen, Guy Ritchie renouait avec le film de gangsters pour notre plus grand plaisir. Le réalisateur avait fait appel à un (presque) illustre inconnu pour composer la musique de son film. Chris Benstead, qui travaillera aussi sur le prochain projet du cinéaste, s’était contenté jusqu’alors de monter les musiques de plusieurs chefs-d’œuvre du 7e art, comme Black Swan par exemple. Dans The Gentlemen, il s’inspire des Western pour mettre en musique cette guérilla londonienne. Play a game with me est la parfaite illustration de l’univers musical de ce film de dandys criminels.

  • Dark Waters – « Teflon connection » de Marcelo Zarvos

Mark Ruffalo a rangé son costume vert pour Dark Waters. L’acteur américain y incarne un avocat spécialisé dans la défense des industries chimiques et qui va découvrir que la campagne de son enfance est empoisonnée par une usine du puissant groupe DuPont. À la musique de ce film enquête de Todd Haynes, on retrouve Marcelo Zarvos. Le compositeur brésilien nous avait déjà offert une splendide partition pour Wonder et réitère l’exploit avec Dark Waters.

  • Jojo Rabbit – « A New Uni-deform de Michael Giacchino

Michael Giacchino, fait figure de référence lorsqu’il s’agit de parler de musique originale. Le compositeur, adoré des studios Pixar, nous avait émus aux larmes avec son « Married for Life » dans Là-haut et réitère l’exploit dans la bande originale de Jojo Rabbit. Il construit sa partition avec le talent qui le caractérise, oscillant entre hymnes à la joie et balades empruntes de poésie et de tendresse.

  • Tenet – « FREEPORT » de Ludwig Goransson

Quand on parle de Christopher Nolan, on pense immédiatement à Hans Zimmer et son travail sur Inception ou Interstellar. Néanmoins, pour son nouveau long-métrage, le réalisateur a fait appel à une figure montante de la musique filmique : Ludwig Göransson. Après avoir œuvré sur la série The Mandalorian, il s’attaque désormais à l’univers de Tenet. Explosive, mais parfois brouillonne, la bande originale du film réserve néanmoins quelques bonnes surprises. Notre préférence va à « FREEPORT « et « 747. »

  • Eté 85 – « In Between Days » de The Cure

Avec son long-métrage, qui fleure bon le sable chaud et la crème solaire, François Ozon nous a offert une jolie parenthèse sur les côtes normandes. Si les musiques originales de Jean-Benoit Dunckel (Mytho) sont assez efficaces, c’est cette fois-ci les soundtracks qui ont attiré notre attention. Dans Été 85, on redécouvre « In Between Days » de The Cure, injustement relayée au second plan derrière « Friday I’m in Love » et « Boy’s Don’t Cry ». On a aussi découvert un bijou de la culture pop des années 80 : « Star de la pub », qui nous a personnellement fait danser tout l’été !

Séries

  • Dracula – « Opening Titles » de David Arnold et Michael Price

En 2020, Mark Gatiss et Steven Moffat se sont attaqué au mythe de Dracula. Après avoir porté à l’écran les aventures du célèbre Sherlock Holmes, les deux scénaristes s’attaquent à un nouveau monstre de la littérature. Pour mettre en musique ce conte sanguinolent, ils ont fait appel à un duo bien connu des fans de Sherlock. Michael Price et David Arnold, à qui l’on doit aussi l’excellente partition de The Good Omens, font crisser les violons pour notre plus grand plaisir. Le thème principal est particulièrement réussi et retranscrit avec brio l’ambiance gore de la mini-série. Définitivement, on est à crocs !

  • Locke & Key – Main Titles de Torin Borrowdale

En janvier, Netflix a exploré la mécanique du fantastique avec Locke & Key. Adaptée des comics éponymes de Joe Hill, la série promettait d’explorer un nouvel univers fantastique. Cette découverte était accompagnée par la musique de Torin Borrowdale, qui semble avoir puisé ses inspirations du côté de Danny Elfman. Les thèmes composés par le musicien ne sont pas sans rappeler ceux qui ont les beaux jours du compositeur.

  • Westworld – Sweet Child O’Mine de Ramin Djawadi

Comme on ne change pas une équipe qui gagne, HBO a une nouvelle fois fait appel à Ramin Djawadi pour la troisième saison de Westworld. Le compositeur, à qui l’on doit notamment le générique de Game of Thrones, a dû opérer un virage dans sa partition alors que la série explorait pour la première fois l’extérieur du parc. Dans la saison 3, les inspirations des westerns disparaissent pour laisser place à un univers musical plus contemporain. Cela n’empêche pas le compositeur de nous offrir des reprises, comme il l’avait fait pour « Paint it Black » dans la première saison. Ici, c’est le titre phare des Gun’s N’Roses, « Sweet Child O’ Mine », qui est révisé à la sauce Djawadi.

  • Tales from the Loop – The Robot de Philip Glass et Paul Leonard-Morgan

Malgré son succès timide, Tales from the Loop nous a ravi par sa poésie et son intrigue maîtrisée. En plus de la beauté évidente de sa photographie, la série peut compter sur la musique de Philip Glass et Paul Leonard-Morgan pour sublimer son récit. Le duo a admirablement retranscrit l’ambiance si particulière de la série, inspirée des peintures de l’artiste suédois Simon Stålenhag. On ne se lasse pas des quelques notes de piano du générique, mais aussi de la magnifique musique baptisée « The Robot ».

  • Lovecraft Country – Magic is Ours Now de Laura Karpman et Raphael Saadiq

Lovecraft Country est sans conteste notre coup de cœur de l’été. HBO, en partenariat avec Jordan Peele, signait ici une série de haute voltige. Ce subtil mélange des genres pouvait compter sur un playlist de qualité, où se côtoyaient Nina Simone et Cardi B. Côté musique originale, Laura Karpman (Petits coups montés) s’est associé avec le musicien Raphael Saadiq, force est de constater que le résultat vaut le détour.

  • Le jeu de la dame – Playing Townes de Carlos Rafael Rivera

C’est sans aucun doute le phénomène de cette fin d’année. Le jeu de la Dame, a été vue par 62 millions d’utilisateurs, devenant ainsi la série la plus regardée en seulement un mois sur Netflix. À la musique, la plateforme a fait appel à un compositeur qu’elle connaît très bien : Carlos Rafael Rivera. Il avait déjà signé l’excellente partition de Godless en 2018.

En 2020, les audiophiles ont été gâtés. Mais l’année qui arrive réserve aussi de belles surprises et on s’impatiente déjà l’idée de découvrir ce qui nous attend. Alexandre Astier nous a d’ailleurs offert un petit avant-goût avec la bande originale de son prochain long-métrage : Kaamelott – volet 1. Sur Spotify, le réalisateur a dévoilé les 34 titres qui viendront ponctuer les aventures d’Arthur, Perceval et Lancelot. Notre préférence va au tout premier titre de la playlist, et son introduction si particulière. On frémit déjà d’impatience.