Dossier

Voyager, Insight, Parker Solar Probe… où en sont les sondes spatiales ?

Espace

Par Kesso le

Envoyées dans l’espace, sur les planètes, les astéroïdes, ou encore le Soleil, les sondes spatiales permettent de comprendre la formation et l’évolution de notre système solaire. Certaines ont même réalisé des exploits. Aujourd’hui, les agences spatiales développent ces véhicules spatiaux pour percer les mystères scientifiques encore inconnus. Elles constituent une source d’informations, de connaissance et d’innovation technologique. On vous propose de revenir sur quelques unes de ces sondes.

Crédit image : Pixabay

Voyager 1

C’est la première sonde spatiale à être entrée dans le milieu interstellaire. Aujourd’hui âgée de 40 ans, elle a été lancée le 5 septembre 1977 dans le but d’étudier les planètes externes du Système solaire (Jupiter, Saturne, Uranus et Neptune). Planètes qui n’étaient observées qu’au moyen de télescopes situés sur Terre. Avec sa sonde jumelle (Voyager 2), elle fait partie d’un programme de la NASA dans le cadre duquel elle a survolé Jupiter (1979) et Saturne (1980). C’est avec elle que la NASA a découvert les premiers volcans actifs en dehors de la Terre, sur la lune Io de Jupiter. Cela a d’ailleurs été la principale découverte de Voyager 1 sur la planète. Concernant Saturne, la sonde spatiale a notamment permis de découvrir la composition de l’atmosphère de Titan, l’une de ses lunes (seule atmosphère dense et riche en azote du système solaire en dehors de la Terre…).

Crédit image : NASA/JPL-Caltech

Après son survol de Saturne, Voyager 1 est allé explorer l’espace interstellaire, en dehors du plan de l’écliptique (plan de l’orbite terrestre d’un point de vue héliocentrique). Conçue pour fonctionner pendant 5 ans, elle est toujours active mais une partie de ses instruments n’est plus opérationnelle. D’après les ingénieurs de la NASA, elle ne sera plus capable de collecter et transmettre des données au-delà de 2025. Néanmoins, elle est aujourd’hui l’objet fabriqué par l’Homme le plus éloigné de la Terre (21 292 616 614 km).

Gaia

C’est avec un objectif ambitieux que Gaia a été lancée le 19 décembre 2013. Cette sonde spatiale de l’Agence spatiale européenne (ESA) a en effet, pour mission d’établir « la carte la plus fidèle jamais réalisée de la Voie lactée ». Elle a officiellement commencé le 25 juillet 2014 après la mise en orbite de la sonde autour du point de Lagrange L2. Pour sa mission, Gaia mesure la position et les principales caractéristiques physiques, y compris la brillance, la température et la composition chimique d’un milliard d’étoiles. Le 14 septembre 2016, l’ESA a publié la première carte réalisée par la sonde. On y aperçoit plus d’un milliard d’objets localisés dans notre galaxie (étoiles, quasars, astéroïdes, exoplanètes…). Sur cette carte, figure également la distance et les mouvements de 2 millions d’étoiles.

Crédit image : ESA

En avril dernier, une deuxième version de la carte a été dévoilée et celle-ci affiche près de 1,7 milliard d’étoiles. Et cette fois, l’ESA a ajouté les distances et mouvements d’1,3 milliard de ces étoiles. Sur la carte, figure également les données de température pour 100 millions d’étoiles, l’effet de la poussière interstellaire sur 87 millions d’entre elles ainsi que les positions de plus de 14 000 astéroïdes. C’est aujourd’hui le catalogue le plus complet des étoiles de notre galaxie et d’au-delà.  Âgée de 4 ans et demi, Gaia continue de collecter des données au même endroit. Dans ce sens, elle correspond plus à un observatoire qu’à une sonde, explique Michel Viso, exobiologiste au Centre national d’études spatiales (CNES) : « Un observatoire ne s’éloigne pas beaucoup de la Terre (1,445 millions de km pour Gaia) et sa mission consiste principalement à collecter des données« . La mission ne devait durer que 5 ans, mais elle a été prolongée de 18 mois et s’achèvera donc le 31 décembre 2020 (et non le 25 juillet 2019). A noter que la troisième édition est prévue pour 2020, l’ESA est d’ailleurs déjà en train de traiter les données de la sonde. Le docteur Uwe Lammers, directeur des opérations scientifiques et chef d’analyse des opérations scientifiques de l’ESA, nous a confié que celle-ci « constituera un autre énorme progrès dans l’astronomie« . « Une série de nouvelles données sera présente, par exemple, des systèmes binaires,  plus d’étoiles variables identifiées, d’orbites des corps du système solaire…« . Une version complète de la carte sera dévoilée en 2022.