S’il reste évidemment quelques gros morceaux en approche, dont le très attendu Ghost of Yōtei, on peut se réjouir d’avoir eu une année jeu vidéo où David a pu regarder Goliath dans les yeux ! Les titres double A sont allés taquiner les triple A, à l’image du prétendant au Game of the Year, Clair Osbscur : Expedition 33. Ils ont prouvé que le succès n’est pas qu’une question de budget et que la créativité reste un mètre étalon. Et à ce niveau-là, Hell is Us vient encore enfoncer le clou.
Hell is Us est un jeu vidéo d’action-aventure à la troisième personne développé par Rogue Factor (Mordheim: City of the Damned) et édité par Nacon. On incarne Rémi, un natif de la nation d’Hadéa que sa mère a exfiltré du pays dans son enfance. Des années plus tard, celui qui est devenu une sorte de casque bleu fuit son unité et retourne dans une Hadéa ravagée par la guerre civile afin d’y retrouver ses parents dont il se souvient à peine. Sauf que la guerre n’est pas la seule menace et qu’un événement surnaturel a provoqué l’apparition de créatures très dangereuses.
Un lore particulièrement riche
Puisque nous citions plus haut Expedition 33, ce dernier et Hell is Us partagent un autre point commun que leur statut d’AA, celui d’avoir ingurgité les références et ne pas avoir peur de se les réapproprier. L’univers du titre de Rogue Factor laisse parfois penser à un Death Stranding. L’exploration à du Elden Ring. La gestion de l’inventaire à un Fallout. L’ambiance est volontairement inspirée d’Annihilation, le film d’Alex Garland. Tout ceci, et plus encore, sans que l’on ait le sentiment de redite.

On apprécie que chaque lieu visité ait sa propre identité visuelle, sonore, et plus on se rapproche de la fin, plus les environnements vont aller de pair avec l’histoire et la psychologie du personnage. Le jeu semble avoir été pensé dans les moindres détails, y compris jusque dans l’écran d’échec qui respecte la logique de la narration. Plus on avance dans le titre, et plus le lore va s’enrichir par des découvertes, des conversations, afin qu’on soit réellement plongé – et impliqué – dans les malheurs d’Hadéa.
Un open world semi-permissif avec de vrais défis
Hell is Us est un open world divisé en plusieurs zones, elles-mêmes délimitées par le level design. Ce qui donne une impression de semi-liberté tout en étant dirigé par la topologie des lieux. On est donc invités à explorer, dans les limites de ce que le personnage peut faire. Un petit côté frustrant auquel on s’habitue bien vite, ayant déjà pas mal de choses à faire avec ce que l’on a sous les yeux.
Si le jeu se défend d’être un Souls-like, les affrontements demandent néanmoins un peu de maîtrise et il n’est pas rare de se faire déborder. Bien qu’on puisse régler le niveau de difficulté, l’expérience originale trouve le bon dosage entre un gameplay exigeant et un plaisir de jeu.

On note plusieurs bonnes idées qui offrent du challenge, comme une barre d’endurance dépendante de votre jauge de vie. Cela veut dire que plus vous prenez de coups, moins vous aurez de vie et donc d’endurance pour pouvoir en donner. Surtout que certains adversaires sont retors, avec parfois un lien rendant l’un invincible tant qu’on n’a pas tué l’autre. Et puisqu’il n’y aucun système de remonté automatique, il faudra penser à faire attention à ses consommables pour survivre. Heureusement, le jeu a un système de crafting développé qui pourront vous faciliter la tâche avec le temps.
Dans Hell is Us, la curiosité paie !
À l’ancienne, Hell is Us n’a pas l’intention de prendre le joueur par la main dans cet univers. Pas de mini-map ou de points d’intérêts. La curiosité fait partie intégrante du jeu. Au-delà de l’histoire principale, le titre propose pas mal d’énigmes, de lieux cachés ou de bonnes actions à accomplir, mais uniquement si vous avez l’initiative d’explorer ou de poser des questions.
On a particulièrement apprécié le système des bonnes actions qui permet de rendre service à certains PNJ, sans que ces derniers ne le demandent explicitement. Mais en écoutant ce qu’ils ont à dire et en trouvant le bon objet, on débloque des récompenses très utiles pour la suite de l’aventure.

Encore une fois, Hell is Us parvient à trouver l’équilibre pour que cette quête d’informations et les mystères ne se transforment pas en torture. Les explications reçues sont plutôt claires et il suffit ensuite assez « simplement » d’ouvrir les yeux. Il y a bien évidemment plusieurs niveaux d’énigmes ou de défis à relever, mais le titre nous invite réellement à nous poser, faire le point, peut-être prendre des notes à côté, pour avoir la pleine satisfaction de la résolution.
Est-ce qu’on ne serait pas en face d’un jeu pédagogue ? Avec une durée minimale d’une trentaine d’heures et l’envie d’y retourner pour achever les énigmes secondaires, Hell is Us a un petit goût de paradis.
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