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[Impressions] Far Cry Primal : Le prochain coup de massue d’Ubisoft ?

Par Henri le

Après plusieurs épisodes contemporains, la série Far Cry entend prendre un nouveau départ en revenant aux origines de l’homme. La préhistoire, c’est le futur ?

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Il aura fallu trois ans à Ubisoft pour redorer le blason vieillissant de la série Far Cry. Entre les plages paradisiaques des îles Rook et les cimes enneigées de l’Himalaya, le studio a réussi à imposer sa vision du fps solo en open-world. Et il n’aura pas fallu attendre longtemps avant qu’un nouvel opus soit annoncé, et suscite l’inquiétude des fans qui voient dans le traitement quasi annualisé de la franchise des similitudes avec Assassin’s Creed.

Mais pour éviter le sentiment de redite lié à ces sorties de moins en moins espacées, Ubisoft a compris qu’il fallait que chaque opus ait une identité forte. Far Cry 4, malgré toutes ses qualités, partageait énormément de points communs avec son prédécesseur. Tant et si bien que l’on avait l’impression de jouer à un épisode transitoire. Avec Primal, le studio a voulu prendre les critiques à revers en mettant en scène une période fascinante, et pourtant quasiment jamais traitée par le jeu vidéo : l’âge de pierre.

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Dans la peau de Takkar, dernier survivant d’une tribu de chasseur décimée lors d’une embuscade, vous devrez évoluer à travers Oros, une région devenue luxuriante depuis la fin de l’âge de glace. Mais dans ce paradis naturel, l’homme n’est qu’un maillon dans la chaîne alimentaire. Il représente une proie pour les ancêtres de nos tigres et hyènes, et un ennemi comme les autres pour les tribus adverses. Si les bêtes sauvages de la série n’ont jamais été très chaleureuses, elles représentent ici le danger principal lors des missions. Elles permettent également de constater que l’absence d’arme a feu à des conséquences majeures sur le gameplay. En supprimant les fusils et les moyens de déplacement modernes, Ubisoft a voulu que le joueur se réapproprie cette nouvelle carte, qui étonne par sa topologie. Falaises, cascades, montagnes… Pour survivre, il vous faudra voir loin, et constamment trouver des points haut perchés pour voir arriver le danger.

Car si tuer un ours avec un fusil d’assaut était relativement simple, le faire avec une lance peut s’apparenter à un vrai challenge. C’est simple, les combats avec d’autres êtres humains paraissent simples tant les animaux règnent en maître à certains endroits. La discrétion reste donc un bon choix d’approche. Les phases d’infiltration n’ont d’ailleurs pas vraiment changé, car le héros dispose toujours d’un arbre de compétences fourni qui lui permet d’activer des takedown particulièrement efficaces. Une fois repéré, les combats se déroulent dans une aire relativement restreinte puisqu’à moins de jeter votre lance, il faudra se taper à coup de massue (et profiter d’un moteur physique plus agréable) , ou utiliser les animaux à bon escient.

Ride

Ces derniers font désormais partie intégrante du gameplay, puisque certains d’entre eux peuvent être contrôlés après avoir été domptés. C’est une des nouveautés les plus intéressantes du titre actuellement. Après avoir appâté un loup ou un jaguar, il est possible de l’amadouer (en usant d’un rituel irréaliste au possible) pour qu’il devienne ensuite votre compagnon. Il ne vous faudra pas longtemps pour vous créer une collection d’animaux sauvages de compagnie à faire rougir le zoo de Thoiry.

[nextpage title= »J’suis en Beast mode mec ! »]

Un peu à la manière du drone de Killzone : Shadow Fall, ces bêtes pourront attaquer, vous défendre et parfois même servir de monture. Elles permettent ainsi de prendre les ennemis à revers, et de créer des stratégies offensives inédites. Chacun dispose de caractéristiques propres, qu’il vous faudra utiliser judicieusement selon la menace. Un loup peut rattraper une proie facilement grâce à sa vitesse, tandis qu’un grizzly servira de « tank » lors de l’attaque d’un camp de fortune. Et vu que Takkar est un ancêtre de Brigitte Bardot, il peut également envoyer une chouette pour surveiller les alentours. Il faudra néanmoins les soigner en cas de blessures.

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La présence d’une intelligence artificielle permet également de réduire l’aspect rébarbatif de certains voyages à pied. En effet, votre compagnon s’occupera assez facilement des petits nuisibles qui pavent votre chemin. On sent d’ailleurs qu’Ubisoft a voulu réduire les (trop) nombreuses phases de loot, en accélérant l’animation qui permet de récupérer les éléments de crafting. Même constat pour la map, qui est cette fois-ci entièrement dévoilée dès le début. Une manière de répondre au public qui commençait à fatiguer de devoir sans cesse monter sur des tours de contrôle.

Toutes ces petites nouveautés ne doivent cependant pas faire oublier les quelques préoccupations. Même si nous n’avons pas eu le temps d’explorer Oros en profondeur, nous avons pu constater que le déroulement des missions est similaire aux opus précédents. C’est également le cas pour les points de voyages rapides, qui se débloquent en attaquant des avant-postes adverses. Les menus pour le crafting et les aptitudes spéciales semblent plus étoffés, mais le principe reste également le même. Si le scénario dont nous ne connaissons pas grand-chose ne motive pas assez le joueur, toutes ces redites pourraient donner l’impression d’un épisode « reskinné » façon préhistoire.

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On espère donc que la narration soit assez habile pour nous donner envie de crapahuter des heures dans les forets. Les développeurs n’ont pas encore dévoilé le grand méchant de l’histoire, et on ne sait donc pas s’il empruntera la psyché torturée d’un Vaas Monténégro ou le charisme d’un Pagan Min. Il faut donc qu’un travail important soit fourni à ce niveau, d’autant plus que les protagonistes utilisent un langage naturellement assez restreint. Les amateurs de simulation réaliste devront également laisser passer certaines largesses (chevaucher un mammouth, dompter un tigre à dent de sabre…) que les autres n’auront aucun problème à assimiler. On attend donc de reposer les mains sur le titre pour effacer ces doutes, et confirmer cette première bonne impression.