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[Impressions] Zelda Twilight Princess HD : le portage qui aurait mieux fait d’être un remake

Par Kocobe le

Twilight Princess sera le quatrième Zelda « remake » sur le couple de consoles Wii U/3DS. Je mets bien des guillemets sur le terme “remake”, car le degré de toilettage des titres concernés varie. Pour les épisodes issus de la Nintendo 64 (Ocarina of Time 3D et Majora’s Mask 3D), le lifting était visible et bienvenu. Pour Wind Waker HD sur Wii U (notre test), l’apport était déjà moindre. Il faut dire que le jeu original, tout en cel-shading, n’avait pas particulièrement vieilli. On a donc ajouté quelques effets, augmenté la définition d’image, revu une ou deux quêtes et le tour est joué, voilà, Wind Waker est remis au goût du jour.

Zelda Twilight Princess HD 10

Twilight Princess est parti pour prendre la même voie du simple « portage ». On passe en 1080p / 60 images par seconde, on ajuste quelques petites choses d’ordre ergonomique, on ajoute le Miiverse, les amiibos (super important) et bam : Twilight Princess HD. Quarante euros s’il vous plaît.

Et pourtant, je suis convaincu que parmi tous les Zelda, Twilight Princess était le plus intéressant à refaire. Pas à adapter ou à porter, à RE-faire. Un vrai remake. Un peu dans la veine de l’excellent A Link Between Worlds (notre test) qui est une interprétation inédite et réussie du monde d’A Link to the Past. Twilight Princess, non seulement risque de paraître daté, même dans une version HD, mais surtout, il lui manque un supplément d’âme à la base.

Au départ, Twilight Princess est une réponse de Nintendo à une part frustrée de la communauté des fans. En 2000, lors du Nintendo Space World, le public découvre une démo 128-bits de ce qu’allait être le futur de Zelda. Un Link adulte contre un Ganondorf impressionnant dans un combat à l’épée virevoltant et épique.

Un an plus tard, c’est un Link déformé et cartoonesque qui sera finalement présenté. Celui-là même qui deviendra le héros de The Wind Waker. C’est osé, mais une partie de la communauté a dû mal à accepter ce nouveau look.

Cette frustration prend la forme d’une petite contestation, notamment en ligne. Le nouveau style graphique divise. Personne ne remet en question la qualité de The Wind Waker qui sortira finalement en 2003 en Europe. Toutefois, certains attendront impatiemment la sortie d’un « vrai » Zelda nouvelle génération. Un Zelda légitime. Celui qui sera le successeur d’Ocarina of Time. Avec des graphismes réalistes et un héros épique, adulte et courageux. Rien à voir avec l’enfant maladroit que l’on incarnait dans The Wind Waker. Nintendo, pas fou, surtout pas avec une GameCube qui ne parvient pas à se vendre, décide d’aller dans le sens des mécontents et révèle Twilight Princess lors du « one last thing » de sa conférence pré-E3 2004. La mise en scène est réussie, on se croirait dans le Seigneur des Anneaux (dont les films venaient de sortir). La foule est extatique, ça y est, il va finalement sortir Ocarina of Time 2.